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1. Traumatisme.

 La compression cérébrale, sans fracture, se produit à un haut degré dans les accouchements dont le travail est laborieux, où on applique le forceps. Roulland, dans sa thèse, met bien en relief l’étendue des déformations auxquelles le crâne, et par conséquent son contenu, se trouvent alors soumis momentanément, et constate l’extrême rareté des accidents paralytiques attribuables à la compression obstétricale. En fait, il ne trouve à citer que l’observation de Legry et celle de Tapret, dans laquelle il existait en même temps une fracture du pariétal. Il attribue, avec d’autres auteurs, cette insensibilité de l’encéphale à la souplesse que présenterait la matière cérébrale embryonnaire et qui lui permettrait de se déformer sans accidents. Nous sommes plutôt tentés de penser à l’absence des fonctions corticales chez la majorité des fœtus à terme.

Il reste à savoir quelle peut être la part du traumatisme obstétrical dans la genèse de l’idiotie congénitale, de l’hémiplégie congénitale, de la porencéphalie congénitale, ce qui ne nous parait pas une tâche facile.

Un traumatisme crânien, non accompagné de fracture, parait avoir été le point de départ des accidents dans quelques circonstances. Trois des 103 cas de porencéphalie recueillis par Audry se rangent sous cette rubrique. On peut se demander si les traumatismes intra-utérins ne peuvent pas produire les mêmes résultats.

Quant à déterminer le mode par lequel agit la violence, lacération de la substance cérébrale, hémorrhagie, c’est une question prématurée, qu’on ne pourra résoudre que par l’autopsie d’enfants ayant succombé immédiatement à des traumatismes semblables.

2. Hémorrhagies.

Elles peuvent siéger sous les méninges ou dans l’épaisseur de la substance cérébrale.

Le plus bel exemple des hémorragies interstitielles nous est fourni par l’observation de Valleix, où, peu de jours après l’accouchement, on retrouva dans la capsule interne un foyer sanguin à la première période de régression. Depuis Cotard, on attribue en général à l’hémorrhagie les kystes qu’on trouve dans la partie profonde des hémisphères et qui présentent des traces de résorption sanguine. En somme, tout ceci ne diffère pas beaucoup de l’anatomie pathologique du cerveau d’adultes.

Les hémorrhagies méningées surviennent pendant le travail et sont attribuables soit au traumatisme céphalique, soit au désordre circulatoire énorme qui suit l’accouchement. Cette dernière opinion est en honneur parmi les maîtres do l’obstétrique. S Mac Nutt cite 10 cas d’hémorraghies semblables et conclut que, dans les présentations de la tête, l’hémorrhagie se fait vers la base de l’encéphale et entraîne la mort dans un délai de quelques heures à quelques jours, sans produire de troubles paralytiques (7 cas). Deux fois, il y eut des convulsions. Au contraire, les hémorrhagies de la convexité accompagnent le passage de la tête dernière, elles permettent une survie assez longue et peuvent s’accompagner de paralysie. Le même auteur cite un fait qui peut se classer sous la même rubrique et où l’on suit la marche de la lésion : présentation des pieds, convulsions dès la naissance persistant pendant 19 jours, puis paralysie des quatre membres ; intégrité de là face (?). La contracture survient ensuite, l’enfant est idiote et ne marche pas. Quand elle meurt de pneumonie, à 18 mois, on trouve deux foyers d’atrophie cérébrale (porencéphalie) siégeant symétriquement dans les régions rolandiques. Nul doute qu’un bon nombre de porencéphalies surtout congénitales, ne reconnaissent pour cause des épanchements méningés de cette nature.