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Nous n’ignorons pas qu’il est difficile de faire aux choses de l’obstétrique une application rigoureuse des lois de la mécanique ; nous espérons néanmoins, qu’il ne paraîtra pas irrationnel d’expliquer par les considérations précédentes, les perturbations quelquefois profondes introduites dans le travail de l’accouchement par le défaut d’ossification de la tête fœtale ; quoiqu’il en soit, le fait clinique existe, indiscutable ; peu importent les explications théoriques qu’on en donnera.

Si une certaine malléabilité, favorable aux réductions utiles de l’ovoïde crânien, est à désirer, en revanche, il faut craindre l’exagération d’une telle qualité à l’égal du défaut contraire ; où commence le danger ? où s’arrête l’effet utile ? Il serait bien téméraire de vouloir fixer à ce sujet des règles précises ; à la vérité, rien de plus variable.

II suffit d’être prévenu ; défions-nous des têtes molles, et quand nous les aurons reconnues, surtout chez les primipares, n’oublions pas notre forceps.

Oublions-le d’autant moins qu’elles constituent pour le fœtus un double danger : Indépendamment de la lenteur du travail, première cause de souffrance de l’enfant, l’ossification incomplète du crâne expose ce dernier aux fâcheux effets de la compression cérébrale et même bulbaire s’exerçant par l’intermédiaire du liquide céphalo-rachidien ; Tibone (Congrès médical de Pavie, 1887) a étudié spécialement cette cause peu connue de mort du fœtus pendant l’accouchement. Ajoutant à cette idée très juste de l’accoucheur italien, la notion de prolongation du travail, nous résumerons ainsi les méfaits, les dangers des têtes molles : perturbation parfois profonde du travail ; inclinaisons, rotations, flexions vicieuses, arrêt dans l’excavation ou sur le plancher, nécessité d’une intervention ; en tout cas lenteur inusitée du travail ; toutes circonstances rendant plus dangereuse, plus imminente la compression cérébrale et bulbaire déjà facilitée par l’ossification incomplète de la voûte crânienne.