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Nous avons découvert l’existence d’une technique ancienne d’accouchement artificiel par voie basse nommée Technique de Delalande.

Nous avons lu pour la première fois le nom de Technique de Delalande dans le chapitre Conduite au cours du travail tiré du livre Progrès en Obstétrique écrit en 1970 par le Professeur Jacques VARANGOT et un collège de médecins.

Ils ont qualifié la Technique de Delalande en ces termes :

« La méthode de Delalande, véritable cranioclasie médicamenteuse ne peut être citée qu’à titre historique. Le dirigisme aveugle, l’abus de drogues calmantes ou d’ocytociques sont souvent à l’origine d’une morbidité fœtale importante et d’une mortalité non négligeable.»

Selon le Dictionnaire médical de l’Académie de Médecine, une cranioclasie est définie en ces termes:

« Intervention obstétricale permettant, en cas de dystocie irréductible sur fœtus mort, la réduction des dimensions céphaliques en utilisant un cranioclaste qui écrase voûte et plancher crânien. »

Un cranioclaste est une pince très solide dont une branche s’introduit par un orifice de perforation dans l’intérieur du crâne du fœtus et dont l’autre placée à l’extérieur va s’opposer à la première en interceptant entre les deux autant que possible un massif osseux résistant.2

Cranioclaste de Braun.

Allongement de la tête après extraction par le cranioclaste (3).

La Méthode de Delalande fut donc un moyen médicamenteux de réduction des dimensions de la tête des bébés durant l’accouchement. C’est une information de haute importance pour nos recherches documentaires sur le traumatisme obstétrical et ses effets sur l’intégrité neurologique immédiate et retardée du bébé.

Nous avons recherché sur Google des informations sur la Méthode de Delalande et nous n’avons absolument rien trouvé, ni en consultant notre bibliothèque de 250 livres médicaux (obstétrique, neurologie, pédiatrie).

Nous avons alors été sur plusieurs sites de vente de livres d’occasions et avons acquis aux enchères notre premier document sur la Méthode de Delalande.

Il s’agit de la thèse publiée en 1948 par le docteur Xavier SUQUET (école de Lyon), intitulée Trente observations d’accouchement suivant la Méthode de Delalande.

On y apprends que la Méthode de Delalande a été mise au point à Brest en 1922 par le docteur André DELALANDE.

Elle est née de l’association d’un médicament anesthésique et d’un médicament ocytocique dans le but de réaliser l’accouchement spontané indolore4.

Le mélange médicamenteux était le suivant :

  • Anesthésiant : 25% de Chloroforme et 75 % de Chlorure d’Ethyle (Chloro-Kèlène).
  • Ocytociques : très fortes doses d’extraits hypophysaires (une dizaine d’unités en une seule fois).

En 1923, le docteur André DELALANDE a publié ses premiers travaux sur sa méthode et son utilisation a dès lors commencer à se répandre dans les maternités françaises.

Nous avons sollicité l’aide du service des Archives de la Faculté de Médecine de Paris ainsi que du Service des Archives de la Ville de Brest afin d’en apprendre davantage.

Nous mettrons à jour cette chronique au fur et à mesure que de nouvelles informations nous parviendrons.

BIBLIOGRAPHIE

  1. Progrès en Obstétrique. Professeur Jacques VARANGOT, Edition Flammarion Médical. 1970.
  2. Pratique Obstétricale. Professeur Maurice LACOMME. Tome 2. Edition Masson & Cie. 1960.
  3. Précis d’Obstétrique en 28 leçons. Docteur Ernest BUMM. Edition Payot & Cie. 1911.
  4. Trente observations d’accouchement suivant la Méthode de Delalande. Thèse. 1948.