Accouchements traumatiques : accumulation de plaintes de victimes, dont trois décès, contre un même obstétricien.

L’un des bébés est décédé d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive, indique le rapport d’expertise. Les débats ont été tendus avec d’un côté les parents dénonçant l’acharnement du médecin à pratiquer l’accouchement par voie basse et de l’autre un gynécologue assurant avoir tout tenté.

Le docteur Frédéric Velu, gynécologue-obstétricien, a été condamné par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction d’exercice pour avoir « par négligence ou manquement à une obligation de sécurité, causé involontairement le décès de Quentin ». Contestant toute faute médicale, le docteur Velu avait interjeté appel.

L’audience de la cour d’appel de Douai a fait apparaître des avis discordants sur l’expertise médicale qui avait conduit, en première instance, à la condamnation du médecin.

Madame Comyn etait enceinte de son quatrième enfant lorsque, prise de contractions, elle se rend à 4 h 30 à la clinique de la Tamise, à Calais. La sage-femme l’installe en salle d’accouchement, constate que le travail se déroule normalement et appelle le médecin d’astreinte, le docteur Velu, vers 5 h 15. Celui-ci arrive à 5 h 30.

Trois minutes plus tard, une bradycardie fœtale importante (ralentissement du rythme cardiaque) est détectée. A 5 h 38, le gynécologue découvre une procidence du cordon ombilical : le cordon est comprimé, ce qui entraîne une chute de la pression artérielle avec le risque de lésions cérébrales irréversibles, puis de décès du bébé. Chaque minute compte. Ce sont ces minutes écoulées jusqu’à la naissance de l’enfant par césarienne, à 6 h 25, dans un état de mort apparente, qui ont occupé la cour d’appel.

Querelles d’experts

Le bébé décédera des suites « d’une anoxie cérébrale due à une souffrance fœtale consécutive à une procidence du cordon qui a donné lieu à une césarienne tardive », indique le rapport d’expertise.

Les débats ont été tendus avec, d’un côté, un couple dénonçant « le temps perdu et l’acharnement d’un médecin à vouloir pratiquer l’accouchement par voie basse », et, de l’autre, un gynécologue assurant avoir « tout tenté ».

De niveau 1, la maternité de la Tamise ne disposait pas d’une équipe chirurgicale de nuit. Il fallait donc appeler, chez eux, anesthésiste, aide opératoire et infirmière-panseuse d’astreinte. « Le drame de cette affaire est qu’on a eu du mal à joindre la panseuse. Je me suis rendu compte qu’on aurait des difficultés à réaliser rapidement la césarienne, alors j’ai tenté de poser un forceps », a expliqué le docteur Velu.

« Je l’ai supplié de me faire une césarienne, mais il ne m’écoutait pas », se souvient Mme Comyn. L’un des experts, le docteur Jean-Claude Loisel, a fait valoir que la césarienne est « la règle en cas de procidence du cordon » et que la tentative de procéder par voie basse était « une erreur » qui a contribué à retarder la césarienne. 

« En cas de procidence du cordon, tenter la voie basse est tout à fait justifié en attendant la césarienne, cela peut réussir dans 25 % des cas », a estimé, pour sa part, le professeur Francis Puech, gynécologie-obstétricien et président de la commission nationale de la naissance créée en 2004 par le Ministère de la Santé.

Regrettant qu’une « contre-expertise n’ait pas été demandée en son temps », l’avocate générale, Catherine Champrenault, a refusé d’entrer dans cette « querelle d’experts » et a requis la confirmation de la peine prononcée en première instance. « Il y avait une solution pour sauver ce bébé, elle n’a pas été mise en oeuvre suffisamment tôt », a-t-elle insisté, ajoutant : « J’éprouve pour (les parents) une infinie compassion et je partage avec eux leur sentiment que la mort de Quentin aurait pu être évitée. »

Maître Frank Berton, avocat du docteur Velu, a dénoncé « la dérive incroyable de la mise en responsabilité des médecins : on ne fonctionne plus que sur l’émotion et l’affectif, et plus sur la science et le droit ». Réclamant la relaxe de son client, il a estimé qu’il n’était « pas possible de faire peser sur le docteur Velu la responsabilité pénale du délai nécessaire (…) à la réalisation de la césarienne. Sinon, c’en est fini de la profession de gynécologue-obstétricien. »

D’autres familles ont contacté la famille Comyn pour dénoncer les agissements du Docteur Velu

Ces affaires sont distinctes, mais d’autres familles reprochent au docteur Velu son attitude pendant leurs accouchements. Il lui est également reproché des épisiotomies mal faites ou des sutures réalisées en costume de ville.

Dans la plainte au civil de la famille Noël : leur fils Louis est né sans jambes, sans que le médecin ne l’ait remarqué sur aucune des huit échographies. La responsabilité du médecin pourrait être aussi revue dans le décès de Valérie Debruyne et de sa fille Océane lors de l’accouchement, survenus cinq mois avant le décès de l’enfant de la famille Comyn.

Les experts n’ayant pas réussi à déterminer la cause exacte de la mort, le médecin et la clinique ont été relaxés, mais devront comparaître en appel. La cour déterminera s’il y a eu faute lors de l’accouchement qui s’est soldé par les deux décès. Ainsi alors que la patiente était inquiète d’avoir dépassé le terme le docteur Velu lui aurait refusé une césarienne et serait parti en congé sans laisser de consignes.

Puis l’accouchement a été compliqué. L’équipe a perdu un temps précieux lors du transfert au bloc : la table d’accouchement ne passait pas la porte. Madame Debruyne est décédée dans la journée à l’hôpital où elle a été transférée pour hémorragie, sa fille Océane est décédée deux jours plus tard par manque d’oxygénation du cerveau. Son mari Stéphane est décidé à se battre jusqu’au bout : « La clinique n’est pas capable de gérer l’urgence. Ce qui est arrivé n’a même pas servi de leçon, c’est honteux, ils n’ont pas su se remettre en cause. Mon épouse aurait pu être sauvée. Il n’y avait pas de poches de sang pour les hémorragies. »

Une dizaine de témoignages en tout ont été envoyés à la famille Comyn et ont ainsi pu être versés au dossier.

« Nous n’avons jamais reçu de plaintes » , affirme le PDG de la clinique, Patrick Loez, qui a tout de même renvoyé le docteur Frédéric Velu.

« On ne s’est pas penché sur ces lettres, on a centré l’enquête sur les diagnostics, indique- t- on au SRPJ de Lille. Même si on a vu qu’il y avait un problème avec ce médecin. »

Le Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais autorise le médecin a continuer d’exercer

Alerté deux fois, par la clinique et par la plainte de la famille Comyn, le Conseil de l’Ordre des Médecins n’a pas pris de sanction. « Il est classique d’attendre la décision pénale, affirme Marc Biencourt, président du Conseil de l’Ordre du Pas-de-Calais. Car il y a présomption d’innocence, et les experts de l’Agence Régionale de l’Hospitalisation ne le mettent pas en cause. » Ainsi le docteur Frédéric Velu a pu continuer d’exercer dans un cabinet de gynécologie à Liévin, et tenir aussi des consultations au CH de Lens.

REVUE DE PRESSE

via LE MONDE : https://www.lemonde.fr/societe/article/2006/05/04/querelle-d-experts-autour-de-la-mort-d-un-nouveau-ne_768186_3224.html

LIBERATION : https://www.liberation.fr/societe/2001/01/15/cinq-morts-suspectes-dans-une-maternite-de-calais_351021

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

LA VOIX DU NORD : https://www.lavoixdunord.fr/art/region/calais-fermee-depuis-2004-la-clinique-de-la-tamise-ia33b48581n3301160

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/faits-divers/cinq-morts-suspectes-en-six-mois-a-la-maternite-calais-de-notre-correspondant-14-01-2001-2001890560.php

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/41100-20041207-lille-les-soupcons-planent-sur-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/4900-20060130-lille-l-ordre-blanchit-le-gyneco

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/lille/84082-20060503-lille-le-docteur-velu-met-en-cause-la-clinique-de-la-tamise

TÉMOIGNAGE D’UNE AUTRE VICTIME DU DOCTEUR VELU : https://aurorepascal.skyrock.com/2303219171-avi-au-futur-maman-qui-viendron-voir-mon-blog.html

Accouchement par forceps : une mère porte plainte après le décès de son bébé d’une hémorragie cérébrale.

Elle reproche au médecin de ne pas avoir pratiqué de césarienne et d’avoir causé les lésions mortelles à son bébé en utilisant un forceps.

Samira Zaïdi aurait dû rentrer chez elle il y a quelques jours, au comble du bonheur, avec sa petite Dora, son premier bébé.

Mais la jeune femme a quitté la maternité seule, sans son enfant. Sa petite fille est morte trois jours après sa naissance, d’une hémorragie cérébrale. Effondrée, la jeune femme a porté plainte contre la clinique Caron d’Athis-Mons.

Elle accuse le médecin accoucheur d’avoir causé les lésions mortelles en utilisant un forceps, sorte de pince destinée à aider le bébé à sortir. Pour Samira, la clinique a commis plusieurs fautes :

« Le médecin a décidé de déclencher l’accouchement deux semaines avant le terme car il craignait que mon bébé soit trop gros. Mais l’accouchement a été très difficile. Et au lieu de faire une césarienne, il a décidé d’utiliser le forceps. Ma fille est née le 14 juin vers 4 heures du matin, mais je n’ai pas pu la voir avant le milieu de matinée. C’est juste après que le pédiatre a diagnostiqué une paralysie faciale et une hémorragie cérébrale. »

Immédiatement, la petite Dora est transférée à l’hôpital Necker, à Paris. C’est là qu’elle décédera deux jours plus tard.

« Mon bébé était en parfaite santé pendant la grossesse, l’échographie n’avait révélé aucun problème cérébral, soupire Samira. Il a dû se passer quelque chose pendant l’accouchement qui a provoqué l’hémorragie. »

Pour faire toute la lumière sur ce drame, les parents de Dora ont porté plainte contre la clinique. Une autopsie devrait être pratiquée bientôt.

La clinique Caron, de son côté, décline toute responsabilité. « Les pédiatres sont formels : la paralysie faciale a bien été provoquée par le forceps, mais pas l’hématome secondaire de la fosse postérieure, qui a entraîné le décès de ce bébé. D’ailleurs, on a déjà vu ce type d’hématome après des accouchements normaux », souligne une gynécologue.

La direction de la clinique attend maintenant, comme la famille de Dora, les résultats de l’autopsie. Ils ne devraient pas être connus avant de longs mois.

REVUE DE PRESSE :

LA PARISIEN : https://www.leparisien.fr/essonne-91/elle-porte-plainte-pour-la-mort-de-son-bebe-21-06-2002-2003183684.php

Drame à la Clinique du Belvédère : le bébé décède de 3 fractures crâniennes suite à l’usage du forceps.

Selon la mère de l’enfant, qui a déposé une plainte contre X avec constitution de partie civile, une série d’erreurs médicales a provoqué ce drame et mis sa propre vie en danger.

La justice enquête sur le décès d’un bébé, survenu lors d’un accouchement, à la clinique du Belvédère à Boulogne.

Le parquet de Nanterre a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire, et désigné un juge d’instruction, Catherine SAMET. A l’heure actuelle, aucune mise en examen n’a été prononcée dans ce dossier douloureux.

Selon Le Figaro, Isabelle C, attachée parlementaire du groupe UDF, a vécu un accouchement « cauchemardesque » dans la prestigieuse clinique du Belvédère.

Après deux vaines tentatives pour sortir l’enfant au forceps, la gynécologue a dû faire appel en catastrophe à un autre médecin. Ce dernier ne serait intervenu qu’avec « mauvaise grâce », indique le mari d’Isabelle, pour pratiquer une césarienne.

Ce renfort n’a cependant rien amélioré : Isabelle a eu l’artère utérine sectionnée pendant l’opération. Enfin, le pédiatre de service aurait attendu 40 minutes avant d’appeler le Samu, qui n’a pu sauver l’enfant.

C’est sur le même ton que le couple dépeint la suite des événements : souffrant d’une hémorragie interne, Isabelle a dû attendre que du sang soit commandé à un autre établissement être transfusée.

Elle aurait été ensuite laissée sans surveillance une partie de la nuit, avant d’être transférée à l’hôpital Foch de Suresnes, où elle a subi une opération de deux heures et demie.

Hier, la direction de l’établissement rejetait toute responsabilité dans cette tragique affaire et répondait point par point aux accusations : « Mme C a choisi elle-même son médecin accoucheur, qui est extérieur à la clinique, souligne le docteur Jean Bouquet de Jolinière, le directeur médical. Et c’est ce médecin qui a commis des erreurs. L’enfant est mort de trois fractures du crâne dues au forceps. Ensuite la clinique a fait le maximum en temps et en heure pour pallier les interventions inadaptées de l’accoucheur. »

Quant à l’intervention qui a suivi, le docteur Bouquet de Jolinière se défend de toute négligence : « L’état de Mme C était stable quand elle est rentrée dans sa chambre. C’est seulement le matin qu’elle s’est remise à saigner et c’est moi qui ai ordonné son transfert à l’hôpital Foch, où elle n’a d’ailleurs été opérée qu’en fin d’après-midi. »

REVUE DE PRESSE

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/polemique-a-la-clinique-apres-le-deces-d-un-bebe-17-02-2001-2001965284.php