La rupture utérine

La rupture utérine constitue un cas d’urgence obstétricale des plus graves puisqu’elle entraine presque irrémédiablement la mort du bébé et que la vie de la mère est toujours menacée. Elle peut survenir suite à l’administration excessive ou prolongée de médicaments ocytociques, à une manœuvre obstétricale ou instrumentale.

La rupture utérine est une déchirure spontanée de l’utérus qui peut provoquer l’expulsion du bébé dans la cavité péritonéale et une hémorragie gravissime chez la mère.

Durant l’accouchement on en distingue trois variétés :

  • les ruptures par impossibilité d’engagement survenant sur un utérus non cicatriciel,
  • les ruptures sur utérus cicatriciel,
  • les ruptures provoquées par accidents opératoires.

Au cours de l’accouchement un certain nombre de causes déterminantes spécifiques peuvent entrer en jeu pour expliquer la rupture utérine :

  • l’emploi excessif ou trop prolongé des ocytociques entrainant de l’hypertonie utérine.
  • « l’obstructed labor » par disproportion foeto-pelvienne, présentation de l’épaule négligée, tumeur pelvienne praevia, etc…
  • les manœuvres obstétricales telles que l’extraction par forceps ou ventouse mal indiqué et/ou mal exécuté, les versions externes ou internes, les grandes extractions du siège. Les rotations manuelles et l’expression utérine peuvent également être dangereuses.

Facteurs de risques

  • Disproportion foeto-pelvienne ;
  • Rétrécissement du bassin ;
  • Emploi excessif ou prolongé de médicaments ocytociques ;
  • Multiparité ;
  • Utérus cicatriciel ;
  • Grossesse gémellaire, malformations fœtales, hydramnios ;
  • Macrosomie fœtale ;
  • Versions par manœuvres internes ;
  • Présentations en siège, transverse ;
  • Extraction instrumentale ;
  • Expressions utérines.

Diagnostic

Il repose essentiellement sur les anomalies du rythme cardiaque fœtal qui sont sévères et brutales et sur une douleur abdominopelvienne intense d’apparition secondaire, notamment persistante entre les contractions utérines ou résistante au protocole d’analgésie habituel. L’hémorragie génitale même intermittente, souvent de faible abondance, est un signe classique mais inconstant.

Si le bébé a été expulsé de l’utérus et est situé dans la cavité péritonéale, la morbidité et la mortalité augmentent de manière significative.

Pour confirmer le diagnostic de rupture de l’utérus, l’obstétricien peut pratiquer une incision dans l’abdomen de la femme, afin de visualiser directement l’utérus. Cette procédure est appelée laparotomie.

Traitement

La rupture utérine est une urgence médico-chirurgicale nécessitant une réanimation intensive suivie d’un geste chirurgical qui prend en compte l’étendue de la lésion, l’état général de la patiente et l’évaluation du risque pour une future grossesse.

Une suspicion de rupture symptomatique doit conduire à réaliser une laparotomie en urgence, la sévérité des conséquences materno-fœtales étant directement liée au délai d’intervention.

Les modalités de réparation chirurgicale dépendent des lésions anatomiques constatées, et si pendant de nombreuses années l’hystérectomie était préconisée, un traitement conservateur est maintenant techniquement possible, notamment chez les patientes jeunes désireuses de grossesses ultérieures.

SOURCES :

1968 Pr VOKAER et al : OBSTETRIQUE Grands syndromes.

1970 Pr MAGNIN, Pr DARGENT : Accouchement normal et pathologique. Chapitre ruptures utérines.

1983 Pr DE TOURRIS, Pr HENRION, Pr DELECOUR : Abrégé de gynécologie et d’obstétrique. 5ème édition.

MASCSF : https://www.prevention-medicale.org/Actualites-et-revues-de-presse/Toutes-les-actualites/Sage-femme/rupture-uterine-tentative-voie-basse