Le professeur de pédiatrie Marcel LELONG affirmait que : «Le nouveau-né, même normal, est un être commotionné et doit être considéré comme tel.» [1]

Une commotion cérébrale se produit lorsqu’une force externe (un impact direct ou indirect à la tête) provoque une perturbation au niveau du fonctionnement du cerveau.

Durant l’accouchement les lésions et phénomènes tiennent à la fois des manifestations de la commotion et de la compression. Les parties liquides et solides contenues à l’intérieur du crâne fœtal subissent à chaque pression ou traction obstétricale un choc, une réelle commotion, en même temps qu’elles se trouvent plus ou moins comprimées. Il en est de même dans les pressions ou heurts au passage, contre les saillies du bassin. [2]

Les commotions par compression-distorsion (contrairement aux blessures pénétrantes et contondantes d’accélération-décélération) ne sont caractéristiques que d’une seule période de la vie, coïncidant avec la parturition lorsque les sutures crâniennes ne sont toujours pas unies.

Les observations de Pollailon, Schatz et Westmark, qui ont mesuré des pressions intra-utérines de 200-400 mm de Hg pendant les douleurs de l’accouchement, et les enregistrements encore plus précis de Caldeyro-Barcia, donnent une idée de l’ampleur des forces impliquées. La violence est plus généralement mise en évidence par l’inspection de la tête des nourrissons récemment nés, avec leurs distorsions, bosses séro-sanguines et céphalhématomes.

Deux autres signes de stress physique sont le chevauchement des sutures (déterminé par la palpation de la tête et la visualisation directe de l’examen post-mortem) en raison de la force contractile de la paroi utérine musculaire et, dans certains cas, favorisé par disproportion céphalo-pelvienne, et les distorsions base-vertex et antéro-postérieure dues à la disproportion entre la pression latérale et perpendiculaire dans l’espace dans lequel le crâne en progression est forcé. [3]

Le professeur d’obstétrique Y.MALINAS affirmait : « En cas de trop grande résistance périnéale, l’utilisation de la tête fœtale comme d’un bélier propulsé par des contractions renforcées est aussi dangereuse qu’une extraction mécanique brutale et prolongée, quelque soit l’instrument choisi » [4]

QU’EST-CE QUI SE PASSE DANS LE CERVEAU APRÈS UNE COMMOTION CÉRÉBRALE [5]

Des études indiquent que la commotion cérébrale entraîne un orage chimique et une crise énergétique dans le cerveau (« une cascade neurométabolique »), ce qui l’empêche de fonctionner normalement.

LES CONSÉQUENCES D’UNE COMMOTION SUR LE CERVEAU

Les conséquences immédiates d’une commotion sur le tissu du cerveau comprennent :

  • des micro-déchirures des fibres reliant différentes régions du cerveau,
  • un déséquilibre chimique (ex. : entrée importante de calcium dans les cellules),
  • une hyperexcitation des neurones,
  • une modification de l’oxygénation cérébrale,
  • une modification du glucose (le carburant du cerveau),
  • un déséquilibre métabolique.

Les jours qui suivront joueront un rôle critique pour la récupération du cerveau. Le cerveau aura besoin de retrouver son équilibre et il devra aussi faire le grand ménage. Pour ce faire, le cerveau aura besoin d’un apport important d’oxygène et de glucose, le carburant lui permettant de se rétablir. C’est pour cela que le repos complet mental et physique est d’une importance critique dans les heures (24-48h) qui suivent une commotion cérébrale.

Sources :

  1. Dr A.BARDIER, A.DALOUS : Pédiatrie du praticien. Puériculture et pathologie des douze premiers mois. J-B.BAILLIERE. 1961.
  2. Dr H.DURET : Traumatismes cranio-cérébraux. Chapitre VI Les compressions obstétricales. p475. FELIX ALCAN. 1922.
  3. Pr R.ADAMS, Dr M.SALAM : General aspects of the pathology of cranial trauma in infants and children. Physical trauma as an etiological agent in mental retardation. U.S DEPARTMENT OF HEALTH, EDUCATION AND WELFARE. 1970.
  4. Pr Y.MALINAS : Du bon usage de l’accélérateur. Indications de l’utilisation de la posthypohyse au cours du travail. LE CONCOURS MEDICAL. Octobre 1969.
  5. Institut des Commotions Cérébrales