L’hématome sous dural (HSD)

L’hématome sous dural résulte de la rupture d’un vaisseau sanguin qui provoque une hémorragie. Le sang bloqué entre les 2 méninges forme un hématome qui comprime les tissus cérébraux alentours et peut déclencher des symptômes qui varient en fonction de la région du cerveau concerné.

L’hématome sous dural est situé sous l’os du crâne. Il est logé entre deux méninges : la dure-mère et l’arachnoïde.

Son étiologie est presque toujours traumatique et le rapport entre l’anamnèse et la symptomatologie est en général parfaitement clair.

L’organisation dans le temps et la localisation de l’hémorragie sous-durale font que souvent les signes cliniques sont absents ou discrets pendant la période néonatale.

La collection de sang est localisée entre l’arachnoïde et la dure-mère. Dans les premiers jours l’hémorragie est presque toujours constituée de sang pur. Avec le temps l’hématome s’organise et s’entoure d’une membrane limitante de caractère semi-perméable. Comme la pression osmotique des protéines qui règne à l’intérieur de l’hématome est plus grande que celle du milieu environnant, il y a un appel constant de liquide vers l’intérieur de la collection, ce qui tend à réaliser lentement un équilibre osmotique adéquat et, à la longue, une augmentation progressive du volume du sac, qui, à un moment donné de son développement, va déclencher des signes cliniques d’hypertension ou de compression intracrânienne ; plus tard, il peut se produire un ralentissement de la circulation du liquide céphalorachidien avec blocage ultérieur et installation d’une hydrocéphalie.

L’anamnèse a une importance majeure dans l’établissement du diagnostic : il faudra retenir toutes les causes de dystocie foeto-maternelle, les manœuvres traumatisantes, la durée du travail et le type de présentation.

LEURS CONSÉQUENCES ÉLOIGNÉES

Le fait que la collection sanguine met, le plus souvent, un certain temps à s’organiser, explique l’absence de signes cliniques après la naissance.

Ces enfants, après l’accouchement, sont en général en bon état ; ils crient immédiatement et établissent leur respiration dans les délais normaux. Cependant, il arrive qu’après quelques jours, voire même plusieurs semaines, ils manifestent brutalement des signes de compression cérébrale tels que cris perçants, agitation, mouvements convulsifs uni ou bilatéraux des membres supérieurs et des membres inférieurs, déviation conjuguée des yeux, inégalité pupillaire et tension de la fontanelle.

L’avenir de ces enfants est souvent compromis ; en effet, outre le danger ultime d’hydrocéphalie qui survient dans les cas graves et qui a été longtemps méconnu, nombre d’entre eux présentent ultérieurement un retard psychomoteur avec ou sans épilepsie associée ; le seul moyen d’améliorer le pronostic est donc de poser précocement le diagnostic.

L’HEMATOME SOUS DURAL ET LE SYNDROME DU BéBé SECOUé

La Haute Autorité de Santé indique dans ses recommandations relatives au Syndrome du Bébé Secoué (SBS) parues en 2011 qu’après un accouchement, un hématome sous dural aigu peut être asymptomatique et se rencontrer précocement (< 72 h) chez le nouveau-né.

Elle précise que les lésions sous-durales survenant lors d’un accouchement ne sont pas liées à des impacts, mais correspondent à ces phénomènes de compressions statiques.

La cause de l’accouchement fait donc partie des diagnostics différentiels de la maltraitance par secouement du bébé. Leur argumentaire est appuyé entres autres sur l’étude réalisée en 2008 du Dr ROOKS.

HAS : Extrait des recommandations relatives au Syndrome du Bébé Secoué (2011)

L’ETUDE DE 2008 DU DR ROOKS

D’après l’étude du Dr ROOKS, publiée dans l‘American Journal of Neuroradiology, les hématomes sous duraux s’avèrent être très fréquents chez les nouveau-nés suite à l’accouchement.

Dans cette étude il a été pratiqué une IRM cérébrale chez 101 nouveau-nés à terme âgés de moins de 72h. Il a été détecté chez 46 d’entres eux au moins un foyer hémorragique sous dural. Soit près d’un nouveau-né sur deux.

Dr ROOKS et al : Prevalence and evolution of intracranial hemorrhage in asymptomatic terme infants

Ces hémorragies observées chez 45 de ces 46 bébés se sont résorbées spontanément entre 1 et 3 mois. Pour un bébé il y a eu récidive.

Ces enfants ont été suivis jusqu’à leurs 24 mois. Aucun handicap moteur n’a été observé. Il a été observé chez 6 d’entres eux un retard de langage, et un enfant a développé des Troubles du Spectre Autistique (TSA).

SOURCES :

1966 Pr VOKAER et al : Grands syndromes physiopathologie et thérapeutique.