Pr Y.MALINAS : Le traumatisme obstétrical.

Sur 900000 naissances annuelles en France, il faut compter avec environ 30000 morts périnatales, sur lesquelles 4 à 5000 sont attribuables au traumatisme obstétrical (sur enfant à terme). Mais tous les « traumatisés » ne meurent pas : bon nombre d’entre eux survivront avec des séquelles psychomotrices plus ou moins importantes.

Lorsque nous lisons dans les revues spécialisées que 700000 enfants d’âge scolaire (6 à 16 ans) sont « inadaptés » il nous faut bien admettre, bon gré, malgré, que plus de 100000 d’entre eux sont sûrement des traumatisés obstétricaux et probablement beaucoup plus (si l’on admet 3 séquelles pour 1 décès, cela fait sur 12 ans environ 150000).

Cette mise au point était nécessaire pour faire comprendre que l’évolution de l’obstétrique est non seulement possible, mais souhaitable : réduire de moitié le nombre des morts « traumatiques » est important dans la mesure où cette réduction s’accompagnera d’une diminution du nombre des inadaptés de plusieurs dizaines de milliers.

Facteurs du traumatisme obstétrical

L’accouchement est par lui-même traumatisant, même dans les conditions les plus eutociques, et la résistance des enfants à l’anoxie est très variable.

Comme il nous est actuellement impossible de prévoir le degré de résistance de l’enfant, tout le problème réside dans ce que M. le Professeur Lacomme appelle « le travail à minimum de puissance ».

Tout doit être mis en œuvre pour que la lutte entre les forces propulsives et les résistances à la progression se fasse avec le minimum d’énergie.

Le traumatisme est fonction du temps : il est d’autant plus grand que la dilatation dure plus longtemps et d’autant plus grave que la durée du travail est plus longue après rupture des membranes.

Le traumatisme est fonction de la durée « réelle » des périodes anoxiques, c’est-à-dire du nombre, de la durée et de la puissance des contractions.

L’accouchement sera d’autant plus anodin qu’il sera plus court, que les contractions seront moins nombreuses ; et moins puissantes, et il est bien évident que cette proposition est le siège d’une contradiction interne.

Nous retrouvons la même contradiction dans les moyens thérapeutiques. Il n’est certes pas besoin d’une grande culture obstétricale pour rompre les membranes, injecter un ocytocique ou un antispasmodique.

S’il fallait encore, il y a quelques années, « apprendre » à appliquer le forceps, la mise en place d’un extracteur à dépression est, hélas, à la portée de toutes les ignorances.

Mais tout ce qui « accélère » l’accouchement renforce les puissances propulsives et traumatise « directement ».

Tout ce qui « diminue les résistances » peut allonger la durée du travail et sensibiliser par dépression l’enfant aux accidents traumatiques.

D’où nous pourrons conclure que :

  • les techniques responsables du traumatisme fœtal sont les mêmes qui, en d’autres circonstances, assurent sa sécurité et son salut. C’est un problème d’indications.
  • la sécurité de l’enfant au cours du travail dépend exclusivement de la qualité du personnel médical qui assume la surveillance.

Lorsqu’on constate avec certitude un des symptômes de souffrance fœtale, il est habituellement trop tard pour y remédier efficacement.

Publié par

ATIDE

L’ATIDE est la seule association qui recense, informe et soutien les familles dont les enfants sont décédés ou handicapés des suites d’accouchements traumatiques, de l’usage des médicaments ocytociques (Oxytocine, Syntocinon…) et des dispositifs d’extractions instrumentales (spatule, forceps, ventouse).