Erreur d’interprétation du rythme cardiaque fœtal : l’hôpital de Lillebonne condamné suite au décès d’un nouveau-né.

Une famille soulagée mais éprouvée par 5 années de procédures judiciaires et par le manque de considération des autorités envers les circonstances du décès de leur fils Paul, suite à des conditions d’accouchement compliquées.

« C’est un soulagement »

 « Avec mon mari, c’est tout ce qu’on voulait : ne plus porter cette culpabilité », confie Sandrine Laurent.

Dans sa décision rendue vendredi 25 mai 2018, le tribunal administratif de Rouen a reconnu la responsabilité du Centre Hospitalier Intercommunal de Lillebonne dans le décès de son fils Paul survenu quatre jours après sa naissance. L’hôpital a été condamné pour « faute de diagnostic » et « erreur d’interprétation du rythme cardiaque. »

C’était le 11 février 2013. Sandrine Laurent est dans son 8ème mois de grossesse. Elle perd du sang. Domiciliée à l’époque à Maulévrier-Sainte-Gertrude, elle se rend en pleine nuit aux urgences de l’hôpital de Lillebonne, distant de 20 km.

« Une sage-femme me fait passer un monitoring et constate que les battements de cœur du bébé sont élevés. Elle me fait faire des examens gynécologiques, mais pas d’échographie. Puis elle me dit de rentrer chez moi et de revenir plus tard pour des examens plus approfondis. À la maison, je prépare la valise car je sens que ça va arriver. »

Sandrine retourne à la maternité en début d’après-midi. Cette fois, les battements du cœur de son enfant sont beaucoup trop faibles. La maman doit accoucher par césarienne. Victime d’une hémorragie de Benckiser, pathologie rare provoquée par la rupture d’un vaisseau ombilical, son bébé est dans un état de mort apparente.

Accompagné par Nicolas, son papa, pendant que sa maman reste alitée à Lillebonne, Paul est aussitôt transféré par le Samu au CHU de Rouen, où il décédera quatre jours plus tard. S’engage alors une longue procédure.

Les parents déposent plainte contre X pour homicide involontaire. Le 31 octobre 2014, le tribunal de grande instance du Havre prononce un non-lieu. Me Tietart-Frogé, l’avocate des parents, lance une procédure auprès du tribunal administratif de Rouen pour se retourner contre l’hôpital de Lillebonne. L’affaire a été jugée le 13 avril et la décision rendue.

« Un calcul horrible »

Reconnu coupable, le Centre Hospitalier est condamné à verser près de 25 000 € selon « un calcul horrible » pour Sandrine.

« C’est 8000€ pour la maman, 800€ pour le papa parce qu’il a payé la tombe, 3200€ pour Jules, notre fils âgé de 9 ans, et 4000€ pour Paul, en l’occurrence ses ayants droit. 25000€, c’est une somme symbolique pour l’hôpital. Mais ce n’est pas cela qui compte. Nous, ce qu’on voulait, c’est que l’hôpital reconnaisse ses torts, ses défauts de prise en charge. Qu’on nous fasse des excuses. Que ça fasse réfléchir le personnel hospitalier pour qu’il soit plus à l’écoute des patients. Mais on n’a jamais pu s’exprimer, jamais pu parler de souffrance. On sait bien que le personnel galère, mais enfin, quand une maman dit qu’elle sent des trucs bizarres… Après coup, on se dit : Mais pourquoi on n’a pas insisté? Pourquoi on leur a fait confiance ? La décision du tribunal va nous aider à déculpabiliser. »

Contactée, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite aux sollicitations du journal PARIS-NORMANDIE.

Sandrine Laurent à Paris l’an dernier, lors d’un événement dédié au deuil périnatal, sorte de « thérapie » pour l’aider à se reconstruire

REVUE DE PRESSE :

PARIS-NORMANDIE : https://www.paris-normandie.fr/actualites/faits-divers/deces-d-un-nourrison-en-2013–l-hopital-de-lillebonne-condamne-BC13118801

FRANCE 3 NORMANDIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/lillebone/lillebonne-hopital-condamne-faute-diagnostic-suite-au-deces-nourrisson-1487159.html

Un couple de l’Ain porte plainte suite au décès de leur bébé deux jours après un accouchement par le siège.

Le bébé se présentait par le siège et est décédé deux jours après l’accouchement. Les parents reprochent notamment à la maternité d’avoir indiqué un accouchement par voie basse au lieu de programmer une césarienne.

Quand on rentre chez Magali et Alain, l’ambiance est chaleureuse. Le petit Edzio, 2 ans, vous accueille avec ses jouets. Mais en se retournant, on devine l’absence d’un autre enfant, Victoria, qui aurait eu 1 an. Une console a été transformée en autel à la mémoire du bébé mort en décembre 2018. On y découvre des bibelots d’enfant et une boîte lumineuse sur laquelle est écrit : « Victoria notre amour ». La douleur vit ici. 

« On tient le coup pour nos autres enfants, mais c’est comme si on était morts à l’intérieur, en même temps que Victoria », explique Alain avec dignité. Les larmes coulent sur le visage de Magali. Elle tente de les retenir pour raconter la dernière ligne droite avant l’accouchement. 

« Je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas, j’avais une angoisse, c’est étonnant quand on a déjà eu deux enfants. »

Pendant la grossesse, Magali a déclaré un diabète gestationnel, elle a appris que Victoria se présentait en siège et qu’il s’agirait d’un beau bébé de plus de 4kg.

« Pour moi, la césarienne paraissait inévitable, d’autant que j’avais déjà eu des problèmes lors de mes autres accouchements. Mais le médecin a insisté pour la voie basse, prévoyant un terme au 10 décembre. Le 30 novembre, on m’a décollé les membranes pour mettre en route le travail mais rien ne s’est passé. Le jour du terme, je suis retourné à l’hôpital, la petite bougeait beaucoup. Au monitoring, son cœur battait à 180. Pour moi, elle montrait déjà des signes de détresse. On m’a dit de revenir plus tard. Le 11, j’avais des contractions très douloureuses, je perdais les eaux, en fait c’était du sang. J’ai été envoyé en urgence à l’hôpital pour une césarienne code rouge. C’était grave. L’affolement a été tel qu’à la naissance ils ont dit à mon mari que c’était un garçon, ils l’ont même écrit ! »


Le transport du bébé puis de la mère vers Lyon ont ensuite été décidés mais sans espoir. Victoria avait été victime d’une hémorragie de Benckiser, elle décédera officiellement le 13. En cause, une anomalie du placenta. Le couple trouve étrange que ce placenta bi partita n’ait pas été diagnostiqué plus tôt. « A quoi servent les échographies ! », lance Magali. « Si on avait su ça, on allait droit vers la césarienne et Victoria serait là. »

C’est donc le suivi de grossesse qui est aujourd’hui reproché au Centre Hospitalier de Mâcon. La direction se garde bien de commenter mais promet de coopérer : « Au vu des éléments, il n’est pas possible d’apporter la moindre appréciation sur les faits. Le Centre Hospitalier tient néanmoins à assurer les parents de la petite Victoria, de sa pleine collaboration à l’enquête »

Pour payer leurs frais de justice, Magali et Alain ont ouvert une cagnotte solidaire

REVUE DE PRESSE :

FRANCE 3 AUVERGNE RHONE ALPES : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ain/bourg-bresse/couple-ain-porte-plainte-apres-deces-leur-bebe-macon-1759547.html

LE PROGRES : https://www.leprogres.fr/ain-01/2019/10/15/les-parents-d-un-nouveau-ne-decede-portent-plainte-contre-l-hopital

LE JOURNAL DE SAONE ET LOIRE : https://www.lejsl.com/edition-macon/2019/10/15/les-parents-d-un-nouveau-ne-decede-portent-plainte-contre-l-hopital

RADIO SCOOP : https://radioscoop.com/infos/un-couple-de-l-ain-attaque-l-hopital-de-macon-apres-le-deces-de-leur-bebe_176133#:~:text=En%20d%C3%A9cembre%202018%20Victoria%2C%20le,choisi%20d’attaquer%20en%20justice.