Pr R.MERGER, Pr J.LEVY & Dr J.MELCHIOR : Lésions cérébro-méningées du nouveau-né.

Les lésions cérébro-méningées, cause la plus fréquente de mortalité néonatale, sont dues au « traumatisme de la naissance ». D’autres fois, il faut chercher l’origine des lésions dans les troubles circulatoires provoqués par la compression du fœtus. Il s’ensuit une hyperpression intracrânienne qui favorise la stase veineuse et l’anoxie. Lorsque l’enfant survit les manifestations pathologiques peuvent régresser complètement ou laisser des séquelles psychomotrices définitives.

Par les Professeurs MERGER, LEVY et MELCHIOR. Chapitre extrait de PRECIS D’OBSTETRIQUE. 1ère édition (1957). Edition MASSON, librairie de l’ACADEMIE DE MEDECINE.

Etiologie

  1. L’étiologie la plus fréquente est le traumatisme.

a) L’accouchement a été laborieux, dystocique et s’est terminé artificiellement :

– soit par une application de forceps difficile (sur la tête trop élevée avec prise asymétrique, sur la tête dont les dimensions sont trop grandes par rapport à celles du bassin),

– soit par une extraction du siège ou de simples manœuvres sur la tête dernière,

– soit par un usage inconsidéré d’ocytociques.

b) Mais l’accouchement peut s’être terminé spontanément. Le traumatisme relève alors d’une travail trop prolongé, ou au contraire trop rapide ; d’une expulsion longue, exposant la tête fœtale aux heurts trop violents ou trop répétés contre le périnée.

2. L’anoxie est la deuxième grande cause des lésions cérébrales.

Le tissu nerveux est le plus sensible à ses effets. Mais très souvent, l’anoxie est la conséquence d’un traumatisme moins évident, par exemple celui qui est dû aux contractions du travail et surtout à la période d’expulsion. De plus certains troubles de l’hémodynamique semblent avoir un rôle nocif. Pendant la contraction la fermeture des veines utéro-placentaires avec conservation du débit artériel, augmente la pression dans les chambres intervilleuses. Cet excès de pression se transmet à la circulation fœtale et particulièrement au réseau veineux intracrânien.

Anoxie et traumatisme sont donc intimement liés, suivant des proportions variables.

Un autre exemple en est donné par la dystocie des épaules, où, lorsque la tête est hors de la vulve, l’hyperpression intracranienne se combine à l’anoxie.

3. Les causes favorisantes sont :

Avant tout la prématurité, dont l’un des caractères est la fragilité capillaire ; l’hypoprothrombinémie physiologique ; l’excès de volume du fœtus ; la post-maturité ; l’infection amniotique ; la primiparité.

Anatomie pathologique

On observe trois sortes de lésions : les hémorragies méningées, les lésions ventriculaires et les lésions parenchymateuses.

Les hémorragies méningées, d’origine veineuses, sont les plus fréquentes

a) Elles se localisent surtout à la leptoméninge (arachnoïde et pie-mère) et sont généralement sous-arachnoïdiennes. Les hémorragies extra-durales et sous-durales, apanage du nourrisson, ne se rencontrent que rarement chez le nouveau-né, associées à un enfoncement ou à une fracture du crâne.

b) Elles peuvent être diffuses, mais le plus souvent le sang, liquide ou coagulé, s’accumule dans mes zones électives suivantes :

Les étages supérieurs et moyens du crâne. Ces hémorragies supra-tentorielles siègent soit près du lobe pariétal, dans la région sylvienne ; soit dans la fosse occipitale ; soit à la base du cerveau ; plus rarement à la face interne des hémisphères.

La fosse cérébelleuse. Ces hémorragies sous-tentorielles sont les plus graves, à cause de leur propension à comprimer le bulbe et le cervelet, et des troubles neurovégétatifs qu’elles provoquent.

Mais les deux étages peuvent communiquer entres eux.

c) L’origine de l’hémorragie est souvent difficile à retrouver, provenant des vaisseaux qui cheminent dans la pie-mère ou dans l’espace sous-arachnoïdien : veine de Gallien ou ses collatérales ; petites veines se rendant aux sinus longitudinaux ; veines de la tente du cervelet.

La déchirure des sinus, qui exige un traumatisme considérable, est exceptionnelle et incompatible avec la vie.

Contrastant avec ces gros foyers hémorragiques de la méninge molle, le cortex est généralement blanc, indemne d’altérations vasculaires.

L’hémorragie méningée s’accompagne toujours d’une congestion vasculaire diffuse, d’un œdème important du cerveau et du cervelet, qui donnent à ces organes un aspect tigré. Mais l’œdème cérébro-méningé chez le nouveau-né est banal. Au moindre degré, il est même constant.

Les lésions ventriculaires, plus rares, sont l’apanage du prématuré :

a) L’hémorragie est caractérisée par l’abondance de l’épanchement qui envahit la totalité des ventricules. Le sang est généralement coagulé. Cette inondation provient des parois ventriculaires dissociées par des foyers apoplectiques. Les plexus choroïdes sont peu altérés. Le cortex est indemne.

b) Les lésions du plexus choroïde peuvent être isolées. Alors l’œdème, la congestion, les hémorragies, sont les lésions observées.

Les lésions parenchymateuses, rares aussi, sont représentées par de petits foyers prenant l’aspect d’un piqueté hémorragique. Elles siègent avec prédilection dans le territoire tributaire de la grande veine de Gallien (paroi externe des ventricules). Au microscope, on voit une vaso-dilatation allant parfois jusqu’à l’ectasie veineuse, de l’œdème de la gaine périvasculaire et de petites hémorragies punctiformes.

Aux lésions cérébro-méningées s’associent souvent des lésions viscérales où dominent la congestion, l’hémorragie, la suffusion séro-albumineuse des séreuses. Les viscères les plus frappés sont le poumon, le fois, le rein, le cœur, les surrénales. Les lésions pulmonaires, décrites sous le nom de poumon cérébral, se caractérisent par une angélo-alvéolite en dehors de toute obstruction bronchique.

Ces lésions viscérales expliquent certains symptômes observés chez le nouveau-né traumatisé.

Apres la naissance, les lésions cérébro-méningées qui guérissent ou bien se résorbent sans laisser de traces, ou bien donnent des séquelles plus ou moins graves.

Certaines hémorragies méningées créent des brides ou des cloisons qui gênent la circulation du liquide céphalo-rachidien, parfois même l’empêchent complètement, origine d’une hydrocéphalie secondaire. Les lésions cérébrales peuvent créer des zones d’atrophie scléreuse intéressant le parenchyme.

Pathogénie

Le mécanisme est évident lorsqu’un traumatisme crânien avec fissure ou enfoncement crée les lésions locales, éventualité exceptionnelle aujourd’hui.

Les déformations de la boite crânienne pendant l’accouchement sont, au contraire, fréquentes, conséquence des phénomènes plastiques du travail.

Elles sont presque toujours modérées. Dans leur degré extrême, elles provoquaient autrefois les déchirures de la dure-mère et la rupture des veines qui s’y rendent ; l’autopsie montrait parfois des lésions de la tente du cervelet, rarement de la faux du cerveau.

Avec l’obstétrique moderne, ces déchirures de la méninge dure, dues à des traumatismes importants, sont devenues rares. Les veines qui se rendent à la tente du cervelet ou au sinus longitudinal peuvent être blessées sans lésions de la dure-mère.

Le simple heurt du crâne contre le périnée, surtout chez la primipare, dans la période d’expulsion, peut être un traumatisme suffisant à créer des lésions d’œdème cérébral par déséquilibre vaso-moteur, analogues à celles que l’on observe en neurochirurgie.

D’autres fois, il faut chercher l’origine de ces lésions dans les troubles circulatoires provoqués par la compression du fœtus. Il s’ensuit une hyperpression intracrânienne qui favorise la stase veineuse et l’anoxie. Alors se produisent l’œdème, la diapédèse des éléments figurés du sang, la rupture des capillaires et des hémorragies multiples à petits foyers.

L’extraction de siège peut provoquer cette compression fœtale ; mais aussi la contraction utérine, surtout lorsqu’elle va de pair avec l’anoxie ou la fragilité vasculaire.

Clinique

1. Accidents immédiats.

a) Le fœtus peut succomber in utéro.

b) Plus souvent l’enfant naît en état de mort apparente (voir chapitre précédent).

c) Après la réanimation, le pronostic est encore réservé. Un coma peut faire suite à la mort apparente, ou même survenir secondairement chez un nouveau-né qui a crié dès la naissance.

Qui qu’il en soit, le nouveau-né est dans un état de choc. Le mélange de pâleur et de cyanose lui confère un teint gris. L’enfant, inerte, émet de faibles gémissements. La respiration est saccadée, rapide, bruyante. Le pouls est rapide, irrégulier, la température basse. L’hypotonie musculaire est habituelle. La fontanelle est flasque. Le reflexe de succion est aboli, quoique la déglutition puisse être conservée. Les réflexes primaires seront recherchés en manipulant l’enfant le moins possible.

L’évolution fatale est fréquente, dans un tableau de cyanose et de troubles respiratoires. Parfois, au contraire, l’état général s’améliore, mais des accidents secondaires peuvent survenir dans les jours suivants.

2. Accidents retardés.

Ils n’apparaissent qu’après un intervalle libre de un à cinq jours. Variables dans leur intensité, leur nombre, leur groupement, ils réalisent un ensemble plus ou moins complet.

Troubles respiratoires. La respiration est irrégulière, accélérée ou ralentie, faible amplitude, entrecoupée de périodes d’apnées.

La cyanose souvent associée est continue ou paroxystique, localisée aux extrémités et aux lèvres, ou généralisée.

Troubles moteurs. Somnolent et geignant, le regard fixe ou les yeux clos, le nouveau-né à un comportement moteur variable. Quelquefois il est agité.

A l’hypertonie physiologique fait place la contracture généralisée et plus souvent l’hypotonie. Si les paralysies d’origine centrale sont exceptionnelles, des crises convulsives expriment souvent la souffrance cérébrale : elles peuvent êtres isolées, toniques ou cloniques, généralisées ou localisées, prédominant d’un coté ; les accès peuvent devenir subintrants, cet état de mal étant d’un mauvais pronostic. A chaque crise correspond un accès de cyanose avec révulsion des globes oculaires. Entre les crises, le nouveau-né retrouve sa couleur normale.

Les crises frustres sont les plus fréquentes, réduites à des contractions toniques des extrémités ou a des mouvements anormaux des mains, de la face, des yeux, de brèves durée et d’interprétation parfois difficile. (Le nouveau-né et surtout le prématuré ont normalement des mouvements brusques et désordonnés qui ne sont pas des mouvements convulsifs)

Fréquents sont aussi les troubles de la succion et de la déglutition ; l’enfant tète mal ; le bol alimentaire risque de passer dans la trachée.

Troubles thermiques. Qu’il y ait de la fièvre en clocher, ou, moins souvent, de l’abaissement de température, la courbe thermique est irrégulière, instable, et contraste avec la courbe monotherme du nouveau-né normal.

La courbe pondérale est anormale : la chute de poids est excessive, la reprise lente et irrégulière.

Fontanelle et reflexes. La tension de la fontanelle est un signe fréquent mais non constant. Les reflexes propres au nouveau-né peuvent faire défaut.

L’examen du fond d’œil peut montrer des hémorragies rétiniennes importantes.

L’évolution est variable :

La mort peut survenir dans le coma ou par syncope respiratoire brutale.

Des complications sont possibles, surtout infectieuses. L’atteinte broncho-pulmonaire est la plus fréquente, souvent responsable de la mort de ces enfants.

Les troubles peuvent enfin disparaitre complètement sans aucune séquelle, ou au prix de troubles neuropsychiques résiduels, d’apparition parfois tardive.

Diagnostic

A la naissance, l’état de mort apparente n’est pas toujours lié à des lésions cérébro-méningées. On devra distinguer les autres étiologies : obstruction des voies respiratoires, apnée post-anesthésique, malformation viscérale.

En pratique, le diagnostic d’hémorragie cérébro-méningée est avant tout un diagnostic positif.

La ponction lombaire est le moyen théorique le plus probant. Elle peut, en effet, ramener un liquide caractéristique, rouge ou rosé, sous pression. Mais elle peut aussi rester blanche ou ne ramener qu’un liquide clair qui ne permet pas d’écarter l’hémorragie méningée ; le sang a pu être enkysté par un cloisonnement des méninges ou n’avoir pas diffusé dans l’espace sous-arachnoïdien. De plus, les caractères cyto-chimiques du liquide céphalo-rachidien sont d’interprétation difficile chez le nouveau-né (p889).

Enfin, la ponction lombaire n’est pas sans inconvénients ; elle peut être la cause de la reprise d’une hémorragie méningée en voie de stabilisation. Aussi faut-il s’abstenir de ce moyen dans les premiers jours. Plus tard, la ponction pourra confirmer rétrospectivement le diagnostic clinique.

Pronostic

Le pronostic immédiat est difficile à porter. Il est fondé sur l’intensité des signes cliniques et plus particulièrement des convulsions, les modifications du tonus et les troubles thermiques. Mais des surprises sont possibles. Certains nouveau-nés succombent brusdquement d’une syncope alors que l’on escomptait une évolution favorable ; d’autres survivent après une phase initiale alarmante.

Le pronostic éloigné est imprévisible ; on ne s’accorde même pas sur la part à attribuer aux lésions cérébro-méningées néonatales dans les divers syndromes neurologiques, mentaux et psychomoteurs de l’enfance.

L’examen neurologique de l’enfant s’impose dès qu’il a passé le cap des accidents aigus, dans le but de préciser la topographie des lésions, leur importance et leur pronostic.

L’électro-encéphalographie tient dans cet examen une place de choix. On la répète pendant plusieurs mois pour juger de l’évolution. Elle permet de dépister des foyers circonscrits, des tracés de dysrythmie ou infravoltés. L’encéphalographie gazeuse peut aussi apporter des renseignements.

Les séquelles, conséquence de la survie et des lésions antérieures, surviendraient dans 15 p.100 des cas. Il peut s’agir :

a) De troubles moteurs. Hémiplégie cérébrale infantile ; paralysies spastiques bilatérales surtout asymétriques ; dystonies à type d’hypotonie ou d’hypertonie (athétose) ; épilepsie localisée ou généralisée souvent liée à des lésions diffuses mais parfois causée par une cicatrice cérébrale ; dans un certain nombre de cas, simple retard moteur ;

b) De troubles psychiques. Les déficits intellectuels sont souvent associés aux troubles moteurs. Les autres syndromes vont de la simple débilité à l’idiotie. Enfin les troubles du comportement et du caractère sont fréquents.

c) L’hydrocéphalie secondaire associe la dilatation des ventricules à une augmentation de volume du crâne, qu’il s’agisse d’hypersécrétion ou de troubles de l’écoulement du liquide céphalo-rachidien.

Traitement

Prophylaxie. C’est toute la connaissance de l’obstétrique. Rappelons qu’on doit surveiller l’évolution de la grossesse, éviter autant que possible les accouchements prématurés, craindre le traumatisme du fœtus. Le travail prolongé, les manœuvres opératoires difficiles, l’épreuve du travail trop longue doivent être abandonnés au bénéfice d’interventions plus favorables au fœtus. Tout acte obstétrical doit être pratiqué avec prudence, lenteur et douceur des gestes.

La souffrance fœtale doit être recherchée par les moyens cliniques classiques et par les moyens plus récents de l’examen du liquide amniotique, de l’enregistrement du rythme cardiaque, de la mesure du pH sanguin fœtal.

L’anoxie est combattue par l’oxygénothérapie dès que se manifestent des signes de souffrance foetale, ou dès la naissance si l’état du nouveau-né n’est pas normal.

Le traitement curatif est essentiellement symptomatique au stade néonatal. Le nouveau-né porteur de lésions cérébro-méningées doit être considéré comme un choqué et comme un traumatisé du crâne.

Le traitement de la mort apparente a été étudié precedemment.

Le traitement des accidents retardés reconnait les mêmes principes que celui du choc traumatique.

L’enfant est mis au repos absolu, mobilisé au minimum, et progressivement réchauffé. L’oxygénothérapie est nécessaire lorsqu’il existe des troubles respiratoires et de la cyanose. Les perfusions veineuses de sérum glucosé ou bicarbonaté corrigeront les éventuels troubles métaboliques.

L’action des calmants est souvent utile. Le gardénal est prescrit per os à la dose de 2 cg par kilo et par 24h ; par voie sous-cutanée, le gardénal sodique est prescrit à la dose de 2 cg une ou deux fois par 24h. La posologie du sirop de chloral est d’une demi-cuiller à café toutes les quatre heures chez le nouveau-né de poids normal : toutes les six heures chez le prématuré. La chlorpromazine (largactil) est le meilleur anticonvulsivant ; on le prescrit à la dose de 2 mg par kilo et par 24h, soit par voie sous-cutanée, soit per os.

Dans certains cas exceptionnels et désespérés, nous avons utilisé les neuroplégiques associés au refroidissement pour lutter contre les désordres artério-capillaires de la période de choc et pour réduire les besoins en oxygène de l’organisme. Si ce traitement permet la survie, celle-ci ne sera pas toujours sans graves séquelles psychomotrices, conséquence des lésions cérébro-méningées.

Indications particulières du traitement. L’œdème cérébral est justiciable de petits lavements de 20 cm3 de sérum glucosé hypertonique. On peut recourir aux substances destinées à combattre la fragilité vasculaire (rutine, vitamine E) ou l’hypocoagulabilité sanguine (vitamine K1) en sachant que leur action est limitée lorsque les lésions sont constituées.

Contre l’infection, on utilise préventivement les antibiotiques.

En revanche, on connait déjà les dangers de la ponction lombaire, du moins dans les premiers jours de vie.

AFFAIRE CENTRE HOSPITALIER SAINT-BRIEUC

Grandes lignes :

  • Enfant handicapé. Quadriparésie.
  • Présentation en siège.
  • Manœuvre de retournement (VME) effectuée par le Dr CALVEZ en dehors du bloc opératoire.
  • Apparition d’une bradycardie fœtale.
  • Absence de prélèvement des gaz du sang au cordon. Ph à 7.37 à H2.
  • Encéphalopathie anoxo-ischémique
  • Traction exagérée du cordon ombilical selon l’expert CCI le Dr BOOG.
  • Refus de l’assureur d’indemniser la victime suite à expertise CCI. ONIAM a fait une proposition d’indemnisation provisionnelle refusée par les parents.
  • CH Saint Brieuc se défend en indiquant que les soins ont été conformes aux règles de l’art et que rien ne permettait d’indiquer une césarienne plus tôt. Césarienne effectuée dans les temps recommandés en cas d’urgence.
  • Utérus bicorne non diagnostiqué.
  • Critères ACOG évoqués.
  • Pr RACINET expert pour la SHAM attribue le handicap à une cause anténatale et demande un collège d’expert pour rechercher cette cause !
  • Avec l’apparition de la bradycardie, l’obstétricien a décidé de ne pas remettre l’enfant dans sa position initiale de siège, mais l’a laissé en position céphalique.

Son accouchement par le siège se passe mal : une mère demande une césarienne et essuie un refus. Son bébé décède.

Yolan est décédé à 18 jours. Sa mère avait accouché à la maternité de l’hôpital de Dourdan. Suite à des complications dues à la présentation de son bébé par le siège, elle avait demandé une césarienne avant et en cours de travail, refusée au motif que « ce n’est pas à la carte ici ».

Dans la chambre qu’il n’aura jamais vue, le matelas à langer est encore dans son emballage. Cindy Lebel et Alexandre Besneux, habitants de Denonville, s’estiment victimes d’une erreur médicale survenue à la maternité de Dourdan (Essonne). A la suite de ce décès, l’agence régionale de santé (ARS) a décidé après enquête d’interdire tout accouchement dans l’établissement jusqu’à nouvel ordre.

La jeune mère avait pourtant confiance. Elle et sa fille de 3 ans y sont nées. Après une grossesse sans difficultés, c’est tout naturellement qu’elle avait décidé d’y venir pour accoucher de son deuxième enfant, un fils prénommé Yolan. Mais il est décédé seulement dix-huit jours après sa naissance, victime d’une complication pendant l’accouchement.

« C’était samedi 29 juin, il était 19h30, quand je suis arrivée à la maternité », raconte, Cindy. « Le bébé s’était retourné depuis dix jours et il se présentait par le siège. À part ça, lui et moi étions en pleine forme », assure-t-elle. Elle poursuit : « Le gynécologue a estimé que mon bassin était assez large. Je voulais une césarienne. On m’a répondu : Ici, ce n’est pas à la carte, et on m’a promis six personnes pour m’assister pendant l’accouchement. »

Mais alors que le rythme cardiaque de son bébé présente une anomalie, seule une seule sage-femme s’occupe d’elle. « Pourtant, le cœur de mon bébé avait du mal à chaque contraction. Et la péridurale n’a jamais fait effet. J’aurais pu marcher. »

Cindy Lebel affirme avoir plusieurs fois demandé une césarienne durant son accouchement, mais a dû attendre « 4 heures du matin que la sage-femme perce la poche des eaux », pour déclencher un accouchement par voie basse.

« Puis on m’a laissée seule avec mon conjoint. Une autre femme était arrivée entre-temps et allait accoucher. A 5 heures, j’ai senti quelque chose sortir. Mon mari a regardé. C’était le cordon ombilical. »

C’est selon les médecins : une procidence du cordon ombilical. C’est-à-dire que le cordon est tombé du corps de la mère.

« Quand le cordon sort, le bébé le compresse et s’étouffe », explique Cindy Lebel, pendant que le papa poursuit : « La sage-femme est intervenue pour remettre le cordon à l’intérieur du corps de ma femme. Elle a mis son avant-bras dans l’utérus. » Mais il était déjà trop tard.

« Ils sont tous venus. Là, c’était la panique. L’équipe médicale a déclenché le code rouge, comme ils disent pour les urgences. Mais je ne suis partie en césarienne que 43 minutes plus tard. L’anesthésie a mal fonctionné. Je ressentais tout mais je ne pouvais pas le dire. Je pleurais intérieurement. J’ai cru mourir. »

Yolan est né à 5h48, et a été transféré à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. « A cet instant, le personnel nous dit de ne pas nous inquiéter. Là, mon mari, rassuré, parle au médecin du Samu, qui lui annonce que notre fils est en fait dans un état critique. »

Mettant en cause « le manque de personnel présent ce soir-là », Cindy Lebel se sent un peu soulagée de cette fermeture : « On se dit qu’on n’a pas affabulé, et qu’on va aider les futures familles à ne pas passer par le drame que l’on vit. Il n’y a pas, dans cet hôpital, une organisation qui permet de gérer un accouchement avec des complications. »

Le couple va porter plainte dans les prochains jours. « Je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Le directeur et le gynécologue de ce soir-là sont les plus responsables, à mes yeux. » Dans leur collimateur aussi : le directeur de l’hôpital, Thomas Talec, et son président, le député-maire d’Étampes, Franck Marlin.

INTERVIEW DE CINDY POUR LE PARISIEN :

Que vous inspire cette fermeture ?

C’est malheureux pour le personnel qui ne travaillait pas le soir de mon accouchement. Mais les autres sont responsables. Pourtant, je connaissais cet hôpital. J’y suis née, ma fille de 3 ans aussi. Toute ma famille est passée par là.

Vous aviez donc confiance ?

Oui, totalement. J’avais rendez-vous pour un déclenchement le 30 juin. J’étais à terme. Le 29 au soir, j’ai senti des contractions.

Votre grossesse s’était-elle bien déroulée ?

Sans problème. Mais dix jours avant le terme, le bébé s’est retourné et se présentait par le siège. Le gynécologue a estimé que mon bassin était assez large. Je voulais une césarienne. On m’a répondu : « Ici, ce n’est pas à la carte, et on m’a promis six personnes pour m’assister pendant l’accouchement. »

Combien de sages-femmes se sont occupées de vous ?

Une seule. Pourtant, le cœur de mon bébé avait du mal à chaque contraction. Et la péridurale n’a jamais fait effet. J’aurais pu marcher. Je réclamais une césarienne. A 4 heures, ils ont percé la poche des eaux. Cela a duré une demi-heure. Puis on m’a laissée seule avec mon conjoint. Une autre femme était arrivée entre-temps et allait accoucher. A 5 heures, j’ai senti quelque chose sortir. Mon mari a regardé. C’était le cordon ombilical.

Comment a réagi le personnel de l’hôpital ?

Ils sont tous venus. Quand le cordon sort, le bébé le compresse et s’étouffe. Mais je ne suis partie en césarienne qu’une demi-heure plus tard. L’anesthésie a mal fonctionné. Je ressentais tout mais je ne pouvais pas le dire. Je pleurais intérieurement. J’ai cru mourir.

Dans quel état était votre bébé à ce moment ?

Il a été transféré à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. A cet instant, le personnel de Dourdan nous dit de ne pas nous inquiéter. Là, mon mari, rassuré, parle au médecin du Samu, qui lui annonce que notre fils est en fait dans un état critique.

Quand avez-vous décidé de le laisser partir en soins palliatifs ?

Yolan aurait été incapable de parler, s’alimenter ou bouger. J’ai travaillé dans une association qui s’occupe de ce genre d’enfant. Je sais que c’est très lourd à vivre.

Avez-vous eu des nouvelles de l’hôpital de Dourdan ensuite ?

Rien. Un jour de septembre, j’ai parlé de mon cas à un journal du coin, « le Républicain ». Bizarrement, le soir même, je recevais un appel du directeur de l’hôpital, qui a dans la foulée prévenu l’ARS. Sinon, je pense que tout cela aurait été étouffé.

Quelle suite allez-vous donner à cette affaire ?

Nous allons porter plainte. J’attends que l’hôpital reconnaisse son erreur et soit condamné. Ils m’ont volé notre fils et menti. Oui, l’hôpital a volé mon fils. Ma fille demande sans cesse quand son frère reviendra du ciel. Et nous avons mis notre maison en vente. Je ne peux pas y vivre avec la chambre de Yolan.

REVUE DE PRESSE :

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/essonne-91/la-maternite-de-dourdan-est-responsable-de-la-mort-de-mon-bebe-20-10-2013-3243325.php

L’ECHO REPUBLICAIN : https://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2013/10/21/un-couple-d-eurelien-crie-a-l-erreur-medicale-a-la-maternite-de-dourdan_1737958.html

LA REPUBLIQUE DU CENTRE : https://www.larep.fr/dourdan-91410/actualites/l-hopital-m-a-vole-mon-fils_1737960/

ELLE : https://www.elle.fr/Societe/News/Maternite-de-Dourdan-la-mere-du-bebe-mort-porte-plainte-2614813

LE QUOTIDIEN DU MEDECIN : https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/lars-ferme-une-maternite-de-lessonne-apres-la-mort-dun-nouveau-ne?origin=sosmedecins

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/societe/essonne-lactivite-dune-maternite-suspendue-apres-la-mort-dun-nouveau-ne-1630606

CNEWS : https://www.cnews.fr/france/2013-10-20/une-maternite-suspendue-suite-au-deces-dun-bebe-588410

L’accouchement par le siège provoque un traumatisme médullaire au bébé. Il décède deux mois après.

La Cour administrative d’appel de Bordeaux a reconnu la responsabilité de l’hôpital de Périgueux dans le décès d’Océane, un bébé de deux mois et demi. Un traumatisme médullaire conséquent de la manœuvre obstétricale de Mauriceau a causé sa mort. Les parents ont porté plainte.

L’arrêt parle de « responsabilité sans faute » : si le centre hospitalier est reconnu responsable, « c’est uniquement au titre de la solidarité qu’un établissement médical devait manifester à l’égard des victimes dans les cas les plus graves », explique Me Didier Le Prado, qui a défendu l’hôpital.

Ce mécanisme « solidaire », défini par la jurisprudence Bianchi, établie en 1993 par le Conseil d’État, n’existe plus depuis l’adoption de la loi d’indemnisation des victimes d’accidents médicaux dite  loi Kouchner en 2002. Mais il fonctionnait encore le 12 novembre 2001, date à laquelle Océane est décédée à Bordeaux d’une bradycardie profonde après un ralentissement anormal de son cœur.

En état de mort apparente

La mère du bébé a accouché à la maternité de Périgueux, par césarienne, tout comme l’avaient préconisé les médecins qui avaient d’emblée écarté toute option d’accouchement par voie basse.

L’enfant arrivant par le siège, l’obstétricien a cru bon de recourir à la manœuvre de Mauriceau pour l’extraire. Mais la petite-fille a très mal supporté la manipulation : elle est née en état de mort apparente.

Intubé sur place, puis transféré le jour même au service de réanimation néonatale de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux, le nouveau-né s’est éteint deux mois et demi plus tard. Officiellement, des suites de lésions de la moelle épinière.

Rapidement, pourtant, la question de la responsabilité de l’hôpital, à travers celle du médecin, s’est posée. L’obstétricien a-t-il oui ou non commis une faute en mettant en œuvre la manœuvre de Mauriceau ?

En décembre 2013, le tribunal administratif de Bordeaux s’est penché sur la question et a répondu par l’affirmative. Il y a bien eu faute du médecin et par ricochet de l’hôpital, qui s’est vu ainsi condamné à verser la somme de 15 000 euros à chaque parent et plus de 95 000 euros à la sécurité sociale.

L’avis crucial de l’expert

Le centre hospitalier a depuis fait appel du jugement devant la Cour administrative d’appel, estimant que « le geste réalisé par l’obstétricien n’était pas constitutif d’une faute ». Alors qu’ils entamaient l’examen du dossier, les juges ont demandé, le 16 juin 2015, l’avis d’un expert sur les éventuels risques inhérents à la manœuvre de Mauriceau.

« Un rapport d’expertise avait déjà été versé aux débats en première instance, mais la Cour s’estimait insuffisamment renseignée pour rendre un avis », explique Me Didier Le Prado.

Les analyses livrées un mois plus tard ont laissé entendre que la manœuvre de Mauriceau était admise en cas de césarienne et que le risque d’accident, sinon de graves complications était connu mais exceptionnel dans sa concrétisation.

La Cour administrative d’appel en a tiré la conclusion qu’aucune faute n’avait été commise. Elle a en revanche considéré que la responsabilité de l’hôpital était engagée, étant entendu que l’acte médical réalisé présentait un risque connu du corps médical.

La Cour administrative d’appel a confirmé l’obligation faite à l’hôpital de verser 15 000 euros au père et à la mère de l’enfant et 95 000 euros à la CPAM. L’hôpital ne s’est pas prononcé sur un éventuel recours devant le Conseil d’État.

Un autre décès d’un bébé il y a deux ans

Autre affaire délicate, en cours d’instruction cette fois-ci. Une famille de Dordogne a saisi la justice après le décès de son bébé, il y a deux ans, à la maternité du centre hospitalier de Périgueux. La petite-fille est décédée trois-quarts d’heures après sa naissance qui avait eu lieu par voie basse.

Après enquête, les deux experts mandatés par la justice ont conclu à une erreur d’appréciation du corps médical. L’obstétricien de garde ce jour-là aurait dû, selon le rapport d’expertise, procéder à une césarienne plutôt que d’encourager un accouchement par voie naturelle.

La justice se prononcera sur une éventuelle responsabilité de l’hôpital. En attendant, ce dernier ne souhaite pas s’exprimer sur cette douloureuse affaire. Il sera défendu par de Me Patricia Gravellier, avocate à Bordeaux.

REVUE DE PRESSE :

SUD-OUEST : https://www.sudouest.fr/2016/02/25/l-hopital-condamne-apres-la-mort-d-un-nouveau-neun-nouveau-deces-il-y-a-deux-ans-2283127-2780.php

EGORA : https://www.egora.fr/actus-pro/conditions-d-exercice/15123-l-hopital-de-perigueux-condamne-pour-la-mort-d-un-bebe

Un couple de l’Ain porte plainte suite au décès de leur bébé deux jours après un accouchement par le siège.

Le bébé se présentait par le siège et est décédé deux jours après l’accouchement. Les parents reprochent notamment à la maternité d’avoir indiqué un accouchement par voie basse au lieu de programmer une césarienne.

Quand on rentre chez Magali et Alain, l’ambiance est chaleureuse. Le petit Edzio, 2 ans, vous accueille avec ses jouets. Mais en se retournant, on devine l’absence d’un autre enfant, Victoria, qui aurait eu 1 an. Une console a été transformée en autel à la mémoire du bébé mort en décembre 2018. On y découvre des bibelots d’enfant et une boîte lumineuse sur laquelle est écrit : « Victoria notre amour ». La douleur vit ici. 

« On tient le coup pour nos autres enfants, mais c’est comme si on était morts à l’intérieur, en même temps que Victoria », explique Alain avec dignité. Les larmes coulent sur le visage de Magali. Elle tente de les retenir pour raconter la dernière ligne droite avant l’accouchement. 

« Je sentais qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas, j’avais une angoisse, c’est étonnant quand on a déjà eu deux enfants. »

Pendant la grossesse, Magali a déclaré un diabète gestationnel, elle a appris que Victoria se présentait en siège et qu’il s’agirait d’un beau bébé de plus de 4kg.

« Pour moi, la césarienne paraissait inévitable, d’autant que j’avais déjà eu des problèmes lors de mes autres accouchements. Mais le médecin a insisté pour la voie basse, prévoyant un terme au 10 décembre. Le 30 novembre, on m’a décollé les membranes pour mettre en route le travail mais rien ne s’est passé. Le jour du terme, je suis retourné à l’hôpital, la petite bougeait beaucoup. Au monitoring, son cœur battait à 180. Pour moi, elle montrait déjà des signes de détresse. On m’a dit de revenir plus tard. Le 11, j’avais des contractions très douloureuses, je perdais les eaux, en fait c’était du sang. J’ai été envoyé en urgence à l’hôpital pour une césarienne code rouge. C’était grave. L’affolement a été tel qu’à la naissance ils ont dit à mon mari que c’était un garçon, ils l’ont même écrit ! »


Le transport du bébé puis de la mère vers Lyon ont ensuite été décidés mais sans espoir. Victoria avait été victime d’une hémorragie de Benckiser, elle décédera officiellement le 13. En cause, une anomalie du placenta. Le couple trouve étrange que ce placenta bi partita n’ait pas été diagnostiqué plus tôt. « A quoi servent les échographies ! », lance Magali. « Si on avait su ça, on allait droit vers la césarienne et Victoria serait là. »

C’est donc le suivi de grossesse qui est aujourd’hui reproché au Centre Hospitalier de Mâcon. La direction se garde bien de commenter mais promet de coopérer : « Au vu des éléments, il n’est pas possible d’apporter la moindre appréciation sur les faits. Le Centre Hospitalier tient néanmoins à assurer les parents de la petite Victoria, de sa pleine collaboration à l’enquête »

Pour payer leurs frais de justice, Magali et Alain ont ouvert une cagnotte solidaire

REVUE DE PRESSE :

FRANCE 3 AUVERGNE RHONE ALPES : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ain/bourg-bresse/couple-ain-porte-plainte-apres-deces-leur-bebe-macon-1759547.html

LE PROGRES : https://www.leprogres.fr/ain-01/2019/10/15/les-parents-d-un-nouveau-ne-decede-portent-plainte-contre-l-hopital

LE JOURNAL DE SAONE ET LOIRE : https://www.lejsl.com/edition-macon/2019/10/15/les-parents-d-un-nouveau-ne-decede-portent-plainte-contre-l-hopital

RADIO SCOOP : https://radioscoop.com/infos/un-couple-de-l-ain-attaque-l-hopital-de-macon-apres-le-deces-de-leur-bebe_176133#:~:text=En%20d%C3%A9cembre%202018%20Victoria%2C%20le,choisi%20d’attaquer%20en%20justice.