« On nous a volé la naissance de notre fils » : un couple porte plainte contre l’hôpital de Guéret, un médecin et une sage-femme.

Un couple porte plainte contre un obstétricien contractuel, une sage-femme ainsi que le centre hospitalier de Guéret, dénonçant des violences obstétricales et des manquements graves ayant mis en danger la vie de leur bébé et de la maman le 5 décembre 2019.

« On nous a volé la naissance et l’enfance de notre fils. »

C’était il y a six mois, mais Marine revit encore dans sa chair, en en parlant, chaque seconde des quatre jours qu’elle a passés à la maternité de Guéret, dans la Creuse. Et les quinze jours qui ont suivi, passés au chevet de son bébé, en réanimation néonatale à l’hôpital mère-enfant de Limoges où il a dû être transféré. 

« On a vu notre fils 14 heures après sa naissance. Il était dans le coma quand on lui a fait sa première toilette. On a pu le prendre dans nos bras que trois jours après sa naissance. On l’a entendu crier seulement cinq jours après. »

A sa naissance, le bébé du couple souffre d’une encéphalopathie anoxo-ischémique néonatale, une complication sévère de l’asphyxie périnatale. En d’autres termes, le bébé a manqué d’oxygène pendant une période conséquente durant le travail. Ainsi que d’une bosse sérosanguine, un hématome entre la peau et les os du crâne « de la taille d’un melon », se rappelle les parents. Deux conséquences de « l’acharnement du médecin », dénoncent-ils, en racontant en détail le déroulé d’une prise en charge où ils ont observé de nombreux « manquements graves » et « incompétences ».

Des manquements successifs et un  acharnement de la part de l’obstétricien

Une radio du bassin refusée plusieurs fois alors que la maman craint qu’il ne « passe pas » par voie basse, une péridurale qui ne fonctionne pas parce que le dosage était dix fois inférieur au protocole, un bolus d’anesthésique surnuméraire sans autorisation de l’anesthésiste, des remarques désobligeantes quant au fait qu’« elle ne sait pas pousser » alors que le bébé n’est pas engagé au moment des premières poussées, l’utilisation de la ventouse sur l’hématome de son bébé, « au moins dix fois », « jusqu’à lui en faire arrêter le cœur » et faire rompre le matériel, puis celle d’un forceps alors que le bébé n’est toujours pas engagé.

Le médecin s’enquiert de savoir si les capteurs marchent lorsque le monitoring du bébé ne montre plus d’activité. « Il a continué sans se demander si ce n’était pas le cœur de mon fils qui avait cessé de battre. ».

Marine se souvient alors duCe serait dommage de finir par une césarienne madame du médecin « alors que mon fils est en train de mourir ».

Elle demande que la césarienne soit bien sûr pratiquée si elle doit l’être. « Avant qu’on me déclenche, le médecin m’avait demandé de manière désinvolte si je voulais une césarienne. Je lui avais répondu que non, dans la mesure du possible. Pour un premier enfant, on ne pense pas tout de suite à la césarienne », confie la jeune femme.

Et comme elle avait été rassurée par le fait qu’une radio du bassin ne semblait pas nécessaire, elle s’en est remise aux décisions médicales.

Leur fils entre la vie et la mort

Un code rouge est finalement déclenché mais la jeune femme ne sera admise au bloc que 30 minutes plus tard.

Entre-temps, le médecin « s’acharne encore avec la ventouse ». Pour finir par glisser à la sage-femme « que de toute façon, il ne serait jamais passé »

Il y a aussi ce compte rendu médical incomplet où ne sont pas archivés « les gaz du sang qui permettent de montrer que notre fils a manqué d’oxygène » ou le monitoring du bébé.

Et ce déni du médecin qui, réuni le lendemain matin avec le chef de service et l’obstétricien qui a suivi la grossesse de Marine, dit au père que la veille, il avait « proposé une césarienne de confort » à sa femme, et elle n’« en a pas voulu ».

Le papa n’apercevra son fils que 45 minutes après sa naissance.

« On nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’il avait avalé du liquide amniotique, qu’ils l’avaient désencombré. »

En réalité, leur bébé, qui est né en état de mort apparente, a fait un arrêt cardiaque à une minute de vie et a dû être réanimé, ce qu’ils n’apprendront une semaine plus tard. Trois heures après sa naissance, l’enfant est transporté en réanimation néonatale à Limoges où ses parents le rejoignent le lendemain matin.

« Quand on l’a vu, notre vie s’est arrêtée. Il était complètement sédaté à cause de la douleur causée par l’hématome, intubé et plongé en hypothermie à 33 °C pendant 72 heures pour préserver son cerveau. »

Sur place, l’équipe médicale confirme aux parents « que ce qui c’était passé était très grave » et que leur enfant est entre la vie et la mort. Et que s’il survit, il pourrait conserver de graves séquelles. 

Lors d’une entrevue avec le père, au matin du transfert de sa femme, l’obstétricien qui a procédé à l’accouchement a remis en doute le diagnostic des pédiatres de Limoges. « Il était étonné du transfert, pour lui tout allait bien, notre bébé avait juste avalé du liquide amniotique ».

Aujourd’hui, le petit garçon va bien mais peut encore développer des séquelles. Jusqu’à ses six ans, il devra faire l’objet d’un suivi très rigoureux et devra subir de nombreux examens et ses parents, vivre encore dans l’angoisse.

Avec son compagnon, Marine a décidé de porter plainte contre l’obstétricien contractuel et la sage-femme qui l’ont prise en charge lors de son accouchement mais également contre le centre hospitalier de Guéret.

« On porte plainte contre le médecin pour l’acharnement qu’il a eu à faire naître mon fils par voie basse et pour ne pas avoir mis en œuvre les moyens nécessaires pour le sauver. Contre la sage-femme pour non-assistance à personne à danger parce qu’elle n’a pas réagi et contre l’hôpital pour les nombreux manquements qu’il y a eus lors de notre prise en charge »

D’autant qu’un autre couple creusois a vécu le même scénario de « violences obstétricales » à peine douze heures avant Marine et entre les mains du même médecin. Médecin contractuel qui a exercé pendant deux ans et demi au CH de Guéret, avant que le directeur, Frédéric Artigaut ne mette un terme à son contrat une semaine plus tard suite à ces deux témoignages.

« Son départ est consécutif de la tension que ça a créée au sein de l’équipe obstétricale », explique-t-il, soulignant également avoir saisi l’ARS pour faire deux déclarations « d’événements indésirables graves liés aux soins . « C’est une démarche de transparence que l’on doit à nos usagers. L’ARS conduit une instruction professionnelle et technique pour pouvoir imputer ou non une responsabilité au médecin en question ou au centre hospitalier. Aujourd’hui, poursuit le directeur de l’hôpital, je ne peux pas rejeter sur ce médecin seul les difficultés qui ont été rencontrées. J’attends le résultat de l’enquête et si le centre hospitalier avait des responsabilités, j’ai dit aux parents qu’il ne se déroberait pas. »

Marine a rejoint un collectif de mères victimes de mauvaises pratiques obstétricales, l’ATIDE (Accouchement Traumatique, Invalidité et Décès de l’Enfant) qui cherche à sensibiliser les pouvoirs publics sur ces violences, « qui rentrent dans le cadre des violences faites aux femmes », insiste le papa. « On veut faire valoir les droits de notre enfant et faire ressortir combien, en France, ces violences obstétricales sur les mères et leurs enfants ne sont pas pris en considération. » 

REVUE DE PRESSE :

Via LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/on-nous-a-vole-la-naissance-de-notre-fils-un-couple-porte-plainte-contre-l-hopital-de-gueret-un-medecin-et-une-sage-femme_13800505/

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/un-second-couple-de-creuse-porte-plainte-pour-violences-obstetricales-contre-l-hopital-de-gueret-et-le-medecin_13801670/

FRANCE 3 NOUVELLE-AQUITAINE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/creuse/gueret/deux-familles-portent-plainte-contre-hopital-gueret-medecin-qui-fait-naitre-leur-bebe-1846280.html

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/gueret-23000/creuse-complications-et-sequelles-apres-l-accouchement-deux-familles-portent-plainte-contre-l-6884120

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/limoges-87000/actualites/une-femme-decede-lors-d-un-accouchement-a-gueret-le-tribunal-administratif-de-limoges-blanchit-l-hopital_13686658/

Anomalies du rythme cardiaque du bébé durant l’accouchement et césarienne trop tardive : son bébé décède.

Suite aux anomalies du rythme cardiaque de son bébé durant l’accouchement, elle reproche à l’obstétricienne un retard de décision de césarienne. En état de mort cérébrale, l’enfant est décédé une semaine après sa naissance.

Six mois après le drame, la maman revit sans cesse les événements. « J’ai de la colère, ça n’aurait jamais dû arriver cette affaire » confie-t-elle.

Le cœur du bébé en difficulté

La nuit du 16 novembre 2019, Claire se rend à la maternité du centre hospitalier du Nord, à Koné. Elle attend son premier enfant, après une grossesse sans problèmes. Habitant à quarante minutes de là, le personnel soignant préfère la garder sur place. Le travail se déroule correctement jusqu’au lundi matin. Il est 8h50, sous péridurale, la future maman est en salle d’accouchement avec une sage-femme, et l’enfant semble engagé dans le bassin.

« Le cœur du bébé descend une première fois, donc elle me dit qu’elle va le stimuler, que c’est normal vu qu’il est en train de sortir donc c’est normal que son cœur descende un petit peu. Donc moi je fais confiance. Elle m’a dit ne t’inquiète pas, ça va se faire naturellement, tu n’as pas besoin de césarienne, c’est le protocole, on veut que tu accouches naturellement » raconte Claire. 

Une césarienne en urgence 

Le rythme cardiaque du bébé remonte mais quelques minutes plus tard, il présente une nouvelle fois des signes de faiblesse. Avec cette seconde alerte, la gynécologue intervient.

« Elle a voulu me faire une échographie, son échographe n’a pas démarré. Après, elle a repris le monitoring pour essayer de chercher son cœur en sachant que son cœur descendait bas. Donc je ne sais pas, tu prends la décision, tu n’attends pas encore dix minutes sachant que son cœur était déjà descendu une première fois. La gynécologue décide de m’emmener en césarienne en urgence et ils font sortir mon bébé; son cœur ne bat plus. »

Une pédiatre parvient à faire repartir le coeur, après plusieurs minutes d’intervention. La mère et le petit garçon sont envoyés au Médipôle, à Nouméa. Une semaine plus tard, le verdict tombe.

« Notre fils est en mort cérébrale. Tout le côté organes fonctionnait mais tout le côté cerveau, qui puisse le faire vivre, était mort. C’était irréversible, donc il allait falloir l’éteindre, il n’y avait plus aucune chance pour mon fils. »

Des réponses pour se reconstruire

Comment ce qui devait être le plus beau jour de sa vie, s’est transformé en cauchemar ?

Pour avoir des réponses, elle a porté plainte. « Je veux que justice soit faite pour mon fils. De toute façon, on est obligés de reprendre le cours de notre vie mais tant que je ne saurai pas ce qui s’est passé, je n’arriverais pas à faire mon deuil. »

L’enquête devra déterminer s’il y a eu faute de la sage-femme et de la gynécologue. Le directeur du centre hospitalier du Nord n’a pas souhaité répondre aux journalistes. Ce jour-là, Claire était la seule femme à accoucher à la maternité. 

REVUE DE PRESSE :

via FRANCE TV INFO : https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/province-nord/kone/deces-nouveau-ne-kone-maman-temoigne-837694.html

La vérité pour Margaux, handicapée à plus de 80% et qui a été victime d’une naissance difficile.

Victime de graves séquelles neurologiques, la jeune femme est condamnée à passer sa vie dans un institut spécialisé. La justice administrative a ordonné une nouvelle expertise pour mieux comprendre les conditions de sa naissance.

Elle souffre d’une « encéphalopathie ischémique anoxique ». Elle est sujette à d’importantes crises d’épilepsie, présente une inégalité de longueur des jambes et un « effondrement du tronc » qui l’obligent à se déplacer « dos voûté et genoux fléchis ».

Ses parents sont convaincus qu’il y a eu des erreurs commises lors de l’accouchement à la maternité du CHU de Nantes.

Après un énième round judiciaire la justice administrative a décidé d’ordonner une nouvelle expertise médicale. Lors de l’audience en appel qui s’est tenue à Nantes il y a deux semaines, le rapporteur public –équivalent du procureur pour la justice administrative– s’y était déclaré favorable.

La famille s’interroge sur l’impartialité des experts

En novembre 2017, alors que l’affaire était examinée en première instance, le tribunal avait estimé qu’il n’y avait pas eu de manquements de la part des personnels soignants. Les juges s’appuyaient alors sur une première expertise les dédouanant. Au grand dam de la famille Lansac, laquelle s’interrogeait sur l’impartialité des experts, persuadée depuis le départ que toutes les chances n’avaient pas été mises de son côté d’un point de vue médical.

Margaux entourée de sa famille

Car à 7h05 lorsqu’elle se présente le 26 juillet 1999 au CHU la maman de Margaux sent qu’il y a un problème. Elle ressent notamment comme « un coup de poignard » dans son ventre. Une douleur causée par « un hématome rétro-placentaire », c’est-à-dire formé entre le placenta et l’utérus. Mais les sages-femmes ne l’identifient pas. Et alors même que les ralentissements cardiaques du bébé sont inquiétants, l’interne n’est appelé qu’à 7h33, alors qu’un médecin réanimateur aurait pu avoir été prévenu à l’avance.

« D’autres experts qui nous ont donné raison oralement se sont toujours refusés à l’écrire, soupire Sophie Lansac. Il y a une véritable omerta. »

Un premier expert s’est penché sur cet enchaînement, et n’a rien trouvé à y redire. Des conclusions qui exaspèrent la famille Lansac et son avocat Maitre LEVY. Ces derniers pointent ainsi du doigt le fait que l’expert en question a contacté le médecin chargé du suivi de la grossesse un 26 décembre, à quelques jours seulement de la remise de son rapport.

Un professeur Suisse, Jean Bouquet de la Jolinière, est pourtant allé dans leur sens :

« De toute évidence, le tableau clinique de Mme Lansac à 6h45 ne pouvait n’être qu’un hématome rétro-placentaire. Je déplore qu’il ait fallu attendre 7h33 pour appeler un interne, qui n’est pas un senior auquel de telles urgences incombent. »

Un autre médecin, le professeur Boulanger, estime :

« Une prise en charge de Mme Lansac par un obstétricien dès l’observation des premiers signes pathologiques de l’hématome aurait conduit à une souffrance fœtale moindre et à des séquelles moins marquées chez Margaux. »

Revue de presse

LE PARISIEN : http://www.leparisien.fr/faits-divers/la-justice-veut-savoir-si-le-handicap-de-margaux-est-lie-a-une-erreur-medicale-08-12-2019-8212290.php

LE PARISIEN : http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-calvaire-judiciaire-des-parents-de-margaux-convaincus-d-etre-victimes-d-une-erreur-medicale-06-12-2019-8210925.php

Décès d’un nouveau-né dans les Yvelines : les parents attaquent l’hôpital Parly 2 en justice.

Une famille endeuillée par le décès de son bébé en décembre 2019 lors d’un accouchement traumatique a décidé de porter l’affaire en justice. L’obstétricien a admis qu’il aurait dû pratiquer une césarienne.

Ils sont encore sous le choc. Piotr et Ika Zywiecki ont perdu leur petite Diana, le 3 décembre 2019, lors de l’accouchement à l’hôpital privé Parly 2 du Chesnay. Ce jour-là, à 22 h 39, le décès de l’enfant est constaté. Le rapport du pédiatre parle d’une « dystocie des épaules », laquelle a entraîné « l’écrasement du cordon ». « L’enfant n’a pu être ranimé », stipule ensuite le rapport cosigné par le Samu.

Quarante jours après ce drame, le couple Zywiecki ne comprend toujours pas ce qui est arrivé, et s’apprête à intenter une action en justice. D’autant que l’autopsie qu’ils ont fait pratiquer sur le corps de l’enfant, révèle que celui-ci était parfaitement viable.

En 2018, l’hôpital privé Parly 2 avait modernisé sa maternité en investissant 1 million d'euros pour aménager son plateau technique. Générale de Santé

Tout commence au cœur de l’été. Le gynécologue obstétricien exerce depuis une dizaine d’années à Parly 2, pratique un examen fin juillet. Il relève une « macrosomie », c’est-à-dire un fœtus ayant une évolution plus grosse que la normale.

Le 2 août, lors d’une échographie, un « diabète gestationnel » est découvert. Cette maladie, qui peut apparaître lors de la grossesse, disparaît après celle-ci. Provoquée par une résistance temporaire du corps de la mère à l’insuline, elle peut faire exagérément grossir l’enfant et signifie quasiment à coup sûr un accouchement par césarienne.

En septembre, Ika rencontre une diabétologue qui préconise un suivi alimentaire strict. La maladie est stabilisée tant bien que mal. « A ce moment-là, on nous dit que tout est normal. Que comme je suis un homme plutôt corpulent et fort, le bébé serait pareil », raconte Piotr dont le passé de joueur de rugby parle pour lui.

« Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme, qui aura des hématomes »

En septembre, nouvelle échographie et revirement. « Comme par magie, le bébé redevient normal. On ne parle plus de macrosomie », reprend-il. Le 7 novembre lors d’une échographie réalisée quatre semaines avant l’accouchement, le gynécologue estime que le bébé pèsera « 3,293 kg » à plus ou moins 500 g. Une « plaisanterie » pour Piotr.

Vient enfin l’accouchement, le 3 décembre. Ce jour-là, leur gynécologue attitré passe voir le couple. « Je viendrais vous voir demain pour vous féliciter », dit-il avant de s’éclipser vers 19 heures. Son homologue, qui récupère le dossier vers 20 heures mais ne connaît pas les antécédents de la parturiente, évoque tout de suite « une grosse tête » pour le nourrisson.

Ika étant en dilatation totale, il prend une ventouse pour tenter de le sortir. Pendant 25 minutes, la tête est sortie mais les épaules bloquent. « Je vois la scène et le docteur se met à paniquer. Il me dit que l’enfant va avoir des problèmes. Je sens l’urgence totale. Ils tapent avec leurs poings sur le ventre de ma femme qui aura des hématomes pendant quatre semaines. Ils finissent par joindre une de leurs collègues qui avec ses doigts plus fins arrive enfin à sortir le bébé », raconte Piotr.

L’accouchement est officiel à 21 h 10. L’hôpital appelle le Samu. « Ils l’ont fait au bout de 3 minutes et le rapport indique qu’il est arrivé entre 52 et 57 minutes plus tard. Dans les 10 minutes suivant son arrivée, le Samu constate le décès », dit-il.

Colère et amertume

Le lendemain, une sage-femme et un docteur recommandent au couple de procéder à une autopsie. La cadre de santé est moins affirmative. « Ce n’est pas remboursé », leur lance-t-elle. Une photo du bébé post-mortem leur est tendue avant qu’on leur demande de partir. « Cela nous a beaucoup choqués. Seul le directeur a pris la peine de venir nous voir et a compati à notre malheur », lâchent Ika et Piotr.

Le couple, qui avait fait le choix du privé, le regrette avec énormément d’amertume et a bien du mal à retenir sa colère. « Nous sommes persuadés qu’on a accouché trop tard, qu’il aurait dû y avoir une césarienne. Les erreurs médicales se sont succédé. La petite n’avait aucune chance et la maman aurait pu y rester aussi. Pourquoi le Samu est-il arrivé si tard ? » s’interrogent-ils.

Le gynécologue se dit «effondré»

Contacté par nos soins, le docteur se déclare « effondré ». « Dans ma vie de médecin, confie-t-il, c’est un gros échec. On fait tout pour que les parents repartent avec un enfant en bonne santé. Rétrospectivement, je pense qu’il aurait fallu pratiquer une césarienne et je l’aurais fait si j’avais su que l’enfant ferait 5 kg mais rien ne me permettait de le penser avant lorsque j’ai fait faire une échographie début novembre. »

Le gynécologue n’a cessé de tendre la main au couple Zywiecki. « Dès le lendemain du drame, je leur ai dit que ma porte leur était ouverte et que, même si rien ne pouvait changer cette situation, je pouvais répondre aux questions qu’ils me poseraient », raconte le praticien, qui pense que ce sont les experts des commissions d’indemnisation et de conciliation qui détermineront les responsabilités médicales.

Du côté de l’hôpital privé Parly 2, le directeur, Denis Chandesris renouvelle ses condoléances à la famille. « Nous avons fait le maximum dans le suivi post événement et j’ai fait en sorte qu’ils disposent d’un dossier très complet. Il y a pu y avoir des maladresses de certains après coup mais lors de l’accouchement, une équipe de soins complète était réunie à leurs côtés. Les questions d’ordre médicales seront traitées dans le cadre des commissions ad hoc si la famille les saisit », explique-t-il.

REVUE DE PRESSE :

Via LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/yvelines-78/mort-d-un-nouveau-ne-dans-les-yvelines-la-petite-n-avait-aucune-chance-accuse-le-pere-13-01-2020-8234883.php

Son accouchement déclenché par Cytotec responsable du lourd handicap de son fils : « à aucun moment, l’hôpital ne se sent coupable »

Après un accouchement extrêmement douloureux provoqué par l’administration de Cytotec, son enfant naît en état de mort apparente. Aurélie a fait condamner l’hôpital de Poissy et a contribué à faire retirer le Cytotec du marché.

« Je suis rentrée la veille à l’hôpital de Poissy, pour le déclenchement, parce que j’avais dépassé le terme de trois jours. Très vite après l’insertion du médicament, je ressens de violentes contractions, qui ne s’arrêtent jamais. Je le signale à plusieurs reprises, j’hurle de douleur, je pleure, je supplie. Ça dure des heures et des heures, sans qu’on m’écoute, sans qu’on prenne part à ma douleur.  » 

Dans un premier temps, on me met en salle de travail. Après maints et maints efforts, Timéo finit par sortir en état de mort apparente. On l’emmène aussitôt pour le réanimer, sans que je puisse le prendre, et très vite, il est emmené à Paris. Deux heures après l’accouchement, je suis toujours en salle de travail en train d’hurler, et là on commence à se dire que ce n’est pas normal. On m’ausculte et on s’aperçoit que j’ai une grosse hémorragie et que j’ai l’utérus qui est complètement ouvert, d’un bout à l’autre.

Le jour même de l’accouchement, dès que je commence à ressentir les douleurs, je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, je savais qu’il y avait un truc qui n’allait pas, et j’ai commencé à écrire. Dès le lendemain, j’ai écris heure par heure tout ce qui s’était passé. Très vite, quand j’ai demandé mon dossier médical, j’ai vu un mot, Cytotec, que je ne connaissais pas. J’ai fait des recherches sur internet, et là on tombe de haut. On voit qu’il n’a pas d’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), que c’est un médicament détourné de son usage premier. Il y a pourtant des alertes, et personne ne bouge, personne ne dit rien. Et malheureusement, ça continue à faire des dégâts bien après moi. 

On m’a informée, mais sans me dire le nom du médicament. Ils me disent juste que dans cet établissement, ils utilisent cette méthode et sans rien de plus. Normalement, il aurait fallu me faire signer une autorisation. Et j’ai découvert tout ça que bien, bien après. A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. Le seul truc que j’ai eu, c’est la petite tape sur l’épaule et on m’a dit « pas de chance ma petite dame, c’est tombé sur vous. » 

« A aucun moment, ils ne se sentent coupables. Je n’ai jamais reçu d’excuses de leur part, je n’en espère même plus. » 

Au bout de presque une semaine, j’ai enfin pu aller voir mon fils, je me suis un peu remise de l’opération. Il est perfusé, branché de partout, c’est vraiment une image qui restera ancrée à vie. On me dit : « Tous les examens sont négatifs, on a très peu d’espoir. » 

Il souffre de ce qu’on appelle la tétraparésie spastique. Ses muscles ne fonctionnent pas correctement : il est obligé d’être stimulé en permanence, il fait de la kinésithérapie deux fois par semaine, je le fais travailler aussi à la maison.

Il a de l’ostéopathie, de l’orthophonie, pour espérer acquérir un minimum de muscles pour qu’il tenir assis, marcher, courir, comme il devrait normalement le faire. 

«  Aujourd’hui, Timéo va bien, il va avoir 9 ans. Il est en pleine forme, il a la joie de vivre. C’est mon petit guerrier à moi.  » 

TÉMOIGNAGES VIDÉOS

REVUE DE PRESSE

via EUROPE 1 : https://www.europe1.fr/societe/aurelie-a-accouche-sous-cytotec-dun-enfant-handicape-a-aucun-moment-lhopital-ne-se-sent-coupable-3930057

NOUVEL OBSERVATEUR : https://www.nouvelobs.com/sante/20171019.OBS6195/cytotec-le-scandale-de-l-antiulcereux-detourne-pour-declencher-des-accouchements.html

FRANCE TV INFO : https://www.francetvinfo.fr/sante/medicament/cytotec-un-nouveau-medicament-qui-pose-probleme_2427207.html

LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/societe/son-enfant-est-handicape-apres-un-accouchement-sous-cytotec-18-10-2017-7341525.php

ACTU.FR : https://actu.fr/ile-de-france/poissy_78498/cytotec-la-maternite-de-poissy-devra-payer_12371997.html

LE FIGARO : https://sante.lefigaro.fr/article/detourne-pour-declencher-des-accouchements-le-cytotec-va-etre-retire-du-marche/

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/sante/2153967-20171019-cytotec-medicament-utilise-declencher-accouchements-retire-marche-francais-2018

LE POINT : https://www.lepoint.fr/societe/le-cytotec-medicament-detourne-de-son-usage-retire-du-marche-en-2018–19-10-2017-2165706_23.php

BFM TV : https://www.bfmtv.com/sante/cytotec-le-medicament-qui-declenche-les-accouchements-retire-du-marche_AN-201710190034.html