
Des parents ont vécu un cauchemar avec le décès de leur nouveau-né lors d’un accouchement traumatique qui ne lui a laissé aucune chance de survie.
Caroline Meunier et Frédéric Champagne-Lebel sont inconsolables depuis la perte de leur fils Armand né et mort le 1er novembre 2025 à l’Hôpital Brome-Misisquois-Perkins de Cowansville en Estrie.
« Il y a un historique d’accouchements difficiles dans ma famille », confie Mme Meunier, 35 ans, dont c’était la première grossesse. Son médecin l’avait donc avertie que sa grossesse se terminerait probablement par une césarienne. « Le plan, c’était d’essayer l’accouchement naturel et d’aller en césarienne si ça se compliquait », résume la résidente de Saint-Paul-d’Abbottsford.
Ventouse et forceps.
Ses contractions ont commencé le jour de l’Halloween. Rapidement, l’accouchement est devenu difficile. Vers minuit, le pouls du bébé a semblé ralentir. « Une infirmière est allée voir le médecin et je m’attendais à ce que ça aille en césarienne, mais on nous a dit que non : Caroline allait continuer de pousser », se souvient M. Champagne-Lebel, 35 ans. Malgré les poussées, l’accouchement n’évoluait pas.
La patiente épuisée et souffrante a alors demandé de subir une césarienne à au moins trois reprises. « C’est comme si on ne nous écoutait pas et comme si c’était complètement hors de question que ça ne se fasse pas par voie naturelle », déplore Mme Meunier.
Vers 1 h 30, un médecin a appliqué une ventouse et a tiré à trois reprises. « Elle tirait si fort qu’elle est presque tombée quand la ventouse s’est décollée du crâne », se souvient M. Champagne-Lebel. Une heure plus tard, un autre médecin a tenté de faire sortir le bébé, sans succès. À 2 h 37, Armand Lebel est né, avec un pouls, mais inerte.
« Il était mou comme une crêpe », se remémore sa mère. On a d’abord déposé le bébé dans ses bras tout en la félicitant. Le père a coupé le cordon en pleurant de joie, mais quelque chose clochait. « Pourquoi il ne crie pas ? » a demandé la mère. Des manœuvres de réanimation ont alors été enclenchées, en vain. Le décès d’Armand a été prononcé à 4 h 17.
Dévastation et autopsie.
Mme Meunier a d’abord refusé l’autopsie de son fils, mais son conjoint a insisté pour en avoir le cœur net. Afin de garder une image de son garçon qu’elle ne reverrait jamais, elle a tenu à ce qu’Armand soit photographié. Le rapport de la coroner Véronik Carignan a confirmé que leur fils est mort d’un accouchement traumatique.
L’autopsie a révélé une clavicule brisée, une « hémorragie sous-durale », des « lésions […] suggérant un possible étirement de la région cervicale » et une « hémorragie autour du cerveau ».
« Notre fils était tout à fait sain et viable, et une césarienne aurait tout changé », déplore Mme Meunier. Les parents ont porté plainte à l’établissement et envisagent des poursuites. « Cette situation ne doit jamais se reproduire », affirment-ils.
Source : Le Journal de Montréal.