Des femmes et des bébés décédés, des refus de césariennes et des abus d’ocytociques : une maternité anglaise au cœur d’un scandale.

18 femmes et au moins 7 nouveau-nés décédés. Refus de césarienne et usage disproportionné de médicaments ocytociques. Des mères blâmées pour la mort de leurs enfants. Au total, ce sont 250 cas préoccupants survenus dans cette maternité qui ont été étudiés.

Le Royaume-Uni est secoué par de nouveaux éléments qui viennent étayer des soupçons de maltraitance sur des nouveau-nés et leurs mères dans une maternité de l’ouest du pays, le Shrewsbury and Telford Hospital NHS Trust, situé à Shrewsbury.

Entre 2000 et 2018, treize femmes sont mortes dans cette maternité en accouchant, un taux anormalement élevé. La mort de sept nouveau-nés est également examinée, ainsi que de très nombreux cas de d’erreurs lors de la prise en charge des mères et leurs nouveau-nés dans l’hôpital.

De nouveaux résultats d’une large enquête, nommée le rapport Ockenden et publiée le 10 décembre dernier, montre de graves manquements de la part de médecins et de sages-femmes de l’établissement pendant plusieurs décennies.

20 années passées à la loupe

Le premier couple à sonner l’alarme est Richard Stanton et Rhiannon Davies. Leur fille, Kate, est morte quelques heures après sa naissance en mars 2009, après être passée par cette maternité. Kayleigh et Colin Griffiths, parents de la petite Pippa, ont également imputé à l’établissement la mort de leur fille en 2016, décédée à la suite d’une infection streptocoque du groupe B. Le couple accuse le personnel de l’hôpital de négligence.

En avril 2017, le gouvernement ordonne une enquête indépendante pour faire lumière sur ces morts, ainsi que sur 21 autres cas de soupçons de maltraitance hospitalière dans la maternité, placée sous la houlette du NHS, le système de santé du Royaume-Uni. En 2018, les experts chargés du rapport Ockenden élargissent leur travail à 40 autres patients, passés par la maternité entre 1998 et 2017, puis à 100 autres. Au total, ce sont 250 cas préoccupants qui ont été étudiés par le comité.

Dès novembre 2019, le quotidien The Independant dévoile des extraits du travail d’enquête, montrant que des bébés et des mères sont morts dans une culture « toxique » qui règne à dans l’hôpital depuis 40 ans. En 2020, la police de West Mercia, dans un communiqué, annonce l’ouverture d’une enquête, menée pour « déterminer s’il existe des preuves permettant l’ouverture d’une affaire pénale contre l’institution ou contre des personnes impliquées. »

1862 cas recensés

Le premier rapport qui « évalue de manière indépendante la qualité des enquêtes relatives aux préjudices néonatals, infantiles et maternels » au sein du service de santé, adressé au Secrétaire d’État à la santé du pays, a été publié jeudi 10 décembre.

Les auteurs se sont penchés sur « tous les cas signalés de maternité et les dommages néonataux entre les années 2000 et 2019. Il s’agit notamment des cas de mortinaissance, de décès néonatal, de décès maternel, d’encéphalopathie ischémique hypoxique et d’autres complications graves chez les mères et les nouveau-nés. »

Les experts pointent que le nombre de témoignages qu’ils auront à examiner atteint désormais les 1862 cas, et préviennent : « Une fois l’examen terminé, il est probable que celui-ci contienne le plus grand nombre de revues cliniques menées dans le cadre d’une enquête portant sur un seul service dans l’histoire du NHS. »

Des mères blâmées pour la mort de leurs enfants

Le rapport dévoile qu’après certains décès suspects, aucune enquête n’a été ouverte par l’hôpital. Mais aussi qu’« un langage inapproprié avait parfois été utilisé pour causer de la détresse ». Certaines femmes ayant perdu un enfant « étaient blâmées pour la perte de leur enfant, ce qui a aggravé leur chagrin ».

Ainsi, en 2011, une femme à « l’agonie » se serait entendue dire que son état n’était pas grave. Le personnel aurait été dédaigneux et fait en sorte qu’elle se sente « pathétique ». Sentiment aggravé par l’obstétricien qui l’aurait traitée de « paresseuse ». En 2013, une patiente venant d’accoucher aurait hurlé de douleurs pendant des heures avant que le personnel médical ne la prenne en charge et comprenne qu’elle avait besoin d’une opération.

Refus de césarienne et usage disproportionné de médicaments

Des injonctions forcées d’ocytocine, un médicament connu pour provoquer des contractions, les rendre plus fréquentes et longues, sont rapportées. Ce recours massif à cette hormone peut avoir des conséquences dramatiques, car il présente des risques pour la fréquence cardiaque des fœtus. En 2006, une patiente se serait vue injecter le médicament, alors que cet acte était contre-indiqué. Son bébé est mort quelques jours plus tard. En 2015, un autre nouveau né est mort alors que sa mère avait reçu de l’ocytocine durant son accouchement.

L’enquête montre également une pression des médecins pour tenir leur taux de césariennes bas, obligeant des mères à accoucher sans cette opération, alors que celle-ci aurait pu éviter des blessures, voire la mort de la patiente ou de l’enfant. L’usage violent des forceps dans certains accouchements est également dénoncé par le rapport.

« Beaucoup ont vécu des événements qui ont changé leur vie et qui ont causé des souffrances et une détresse incalculable, notamment la mort de mères et de bébés. Des pères, des frères, des sœurs et des grands-parents se sont retrouvés totalement démunis », pointe le rapport.

Des parents témoignent

Auprès de Sky News, des mères témoignent, comme Rhiannon Davies, l’une des mères qui a lancé l’alerte : « Les conclusions de l’examen intermédiaire d’aujourd’hui sont vraiment choquantes et incroyablement difficiles à lire. »

Le média local Shropshire Star, la cite également : « [en lisant le rapport] je me sentais malade. Je devais littéralement me lever et sortir pour prendre de l’air frais et y revenir lentement […] Chaque fois qu’on lit qu’un bébé est mort, c’est très bouleversant. Vous connaissez votre propre cas par cœur, mais voir le traumatisme subi par d’autres familles est réellement écœurant. » Toujours dans le quotidien, Hayley Matthews, dont le fils Jack est mort au sein de la maternité quatre heures après sa naissance, raconte s’être sentie « très nerveuse et anxieuse avant la publication de ce rapport ». Elle ajoute : « J’espère qu’ils ont retenu la leçon ».

La NHS déjà épinglée par le passé

La directrice générale de l’établissement, Louise Barnett, a réagi, et assuré : « Nous nous engageons à mettre en œuvre toutes les actions décrites dans ce rapport et je peux assurer aux femmes et aux familles qui utilisent nos services que si elles font part d’inquiétudes concernant leurs soins, elles seront écoutées et des mesures seront prises. »

Jeremy Hunt, membre du parti conservateur, ancien ministre de la Santé qui avait à l’époque chargé le comité d’enquêter, s’est exprimé sur Twitter, jeudi, estimant que cette affaire « pourrait devenir le plus grand scandale de sécurité des patients jamais enregistré par le NHS ». Et d’ajouter : « Quoi qu’il se passe avec le Brexit, la vie des bébés est en jeu – cela ne doit pas être négligé. »

Ce n’est pas la première fois que le système de santé publique se retrouve au cœur de scandales sanitaires de l’autre côté de la Manche. Ainsi, en juin 2018, l’organisme a dû répondre à des accusations de recours massifs à l’euthanasie. Jérémy Hunt était alors encore ministre de la Santé et s’était excusé publiquement au nom de la NHS et du gouvernement, comme le rappelaient à l’époque Les Échos .

En 2013, un autre rapport indépendant avait pointé la culpabilité de la NHS dans de nombreuses défaillances au sein de onze hôpitaux anglais. Dans le seul établissement de l’hôpital de Stafford, entre 400 et 1 200 patients seraient morts de négligence, entre 2005 et 2008.

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SOURCES

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/europe/angleterre/royaume-uni-des-bebes-morts-des-meres-maltraitees-une-maternite-au-coeur-d-un-scandale-d-ampleur-7082371

Six ans après le décès de Mélissa suite à son accouchement, sa famille réclame justice.

Les proches de la jeune femme de 25 ans, décédée en 2014 d’une infection généralisée après avoir accouché, dénoncent la lenteur de l’enquête. En 2018, l’hôpital a été mis en examen pour homicide involontaire.

Six ans plus tard, la colère de Michaël Praxo est toujours aussi vive. Le 5 juin 2014, ce chauffeur de bus originaire de Neuilly-sur-Marne a perdu sa compagne, mère de ses quatre filles, décédée au centre hospitalier intercommunal André-Grégoire de Montreuil des suites d’un sepsis.

Cinq jours plus tôt, le 31 mai, Mélissa avait donné la vie dans cet hôpital public à leur 4e enfant, Alyssa. « Juste après son accouchement, ma compagne a eu de très fortes douleurs. On lui a donné des médicaments, mais personne n’a vraiment cherché à comprendre pourquoi elle souffrait. Elle n’a pas été prise en charge correctement », estime le père de famille, qui a porté plainte contre X le lendemain de sa mort.

Cette procédure judiciaire a finalement engendré la mise en examen de l’hôpital en août 2018 pour « homicide involontaire. »

«L’affaire traîne, laissant cette famille meurtrie»

Mais deux ans plus tard, « le dossier n’avance pas », regrette Me Romain Boulet, l’avocat de Michaël Praxo, qui s’est donc résolu à médiatiser l’affaire. « Ce drame met en exergue le vide pénal qui entoure la violence ordinaire. Dans cette affaire, des gens ont fait des erreurs, mais il n’y a pas eu d’acte de violence à proprement parler, donc il n’y a pas besoin d’apaiser la société. Il n’y a pas de détenu, donc pas de soucis de délais. Alors elle traîne, laissant cette famille meurtrie. »

Comment est décédée Mélissa ? La jeune femme de 25 ans avait quitté l’hôpital deux jours après son accouchement – avec l’accord du personnel – malgré ses douleurs.

Dans la nuit qui suit son retour chez elle, celles-ci persistent. Michaël Praxo contacte alors les pompiers qui les redirigent vers SOS Médecins. Mélissa se plaignant du dos, le docteur qui se déplace diagnostique une sciatique et lui prescrit des médicaments.

Renvoyée chez elle deux fois sans aucun examen biologique ni d’imagerie

Le lendemain, deux sages-femmes venues dans le cadre d’une visite post-accouchement décident d’appeler les urgences en voyant son état. Elle repart donc au CHI de Montreuil, où on lui prescrit notamment de la morphine. Elle quitte de nouveau l’établissement dans la soirée sur décision du personnel médical, d’après ses proches. Aucun examen biologique (prise de sang, d’urine…) ou d’imagerie n’est effectué.

Le lendemain, mercredi, elle décide cette fois de se rendre aux urgences de la clinique Armand-Brillard de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Un médecin de l’établissement décide alors de la transférer à nouveau vers l’hôpital de Montreuil, suspectant « un état de choc probablement septique à J+3 du post-partum, d’origine indéterminée. »

C’est dans cette clinique qu’on lui fera passer un bilan biologique dont les résultats ne seront connus qu’après son transfert au CHI à 14 heures. À Montreuil, les médecins posent finalement le diagnostic d’un sepsis sévère sans savoir s’il est d’origine digestive ou gynécologique. Les médecins réanimateurs n’arrivent qu’à 15h30 et l’antibiothérapie n’est mise en place qu’à 16 heures, « soit trois heures après le début du choc septique. »

L’avocat de la famille énumère une suite d’erreurs

L’équipe médicale décide alors de pratiquer une cœlioscopie. Elle constate que sa trompe et ses ovaires sont violacés, réalisent un lavage péritonéal, prescrivent un traitement et décident de ne pas procéder à l’ablation de son utérus dans un premier temps.

Des examens complémentaires laissent suspecter une infection invasive à streptocoque A. Dans la soirée, Mélissa est prise d’une forte fièvre. L’équipe décide finalement de réaliser une nouvelle opération pour lui enlever l’utérus. Le lendemain, sa situation empire et l’infection à streptocoque A est confirmée. Elle décède à 20h49.

A-t-elle attrapé ce streptocoque à l’hôpital ? Il est aujourd’hui impossible de l’affirmer. « Ce n’est pas tant l’endroit où elle l’a attrapé qui compte que la façon dont elle a été traitée. Il y a eu des erreurs : l’absence d’examen biologique dans un premier temps, la lenteur de l’intervention des réanimateurs, la décision de ne pas enlever son utérus lors de la 1re opération… », énumère Me Boulet.

Des défauts dans la prise en charge diminuant de 60% ses chances de survie

Pour obtenir un dédommagement financier, la famille a lancé deux procédures au civil en attendant un éventuel jugement au pénal. Michaël Proxa a sombré dans la précarité après le décès de sa compagne. « J’étais chauffeur poids lourd. J’ai dû arrêter de travailler pour m’occuper de mes filles, retourner vivre chez mes parents », souffle le père de famille, qui a depuis retrouvé un emploi stable.

Dans leur rapport, les experts de la commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux d’Ile-de-France ont estimé que les défauts dans la prise en charge de Mélissa ont réduit ses chances de survie de 60%.

Le CHI de Montreuil – qui rappelle avoir fait une proposition financière à la famille après son décès – explique de son côté attendre les conclusions de la justice. Contacté, le parquet de Bobigny n’a pas été en mesure de répondre aux questions du Parisien. 

REVUE DE PRESSE :

via LE PARISIEN : https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/six-apres-le-deces-de-melissa-a-l-hopital-de-montreuil-sa-famille-reclame-justice-16-08-2020-8368653.php

Dinan : un père porte plainte suite au décès de sa compagne suite à son accouchement.

La jeune femme est décédée d’une hémorragie quelques heures après avoir donné la vie à son deuxième enfant, à la maternité de Dinan. La tête du bébé demeurait bloquée et l’obstétricien a décidé de procéder à une césarienne quatre heures plus tard.

« Cela aurait dû être un des plus beaux jours de notre vie. C’est devenu le pire », déplore David* qui a perdu sa compagne le 5 mai 2019. Le couple avait décidé, pour la seconde fois, de faire naître son enfant à la maternité de Dinan. A quelques kilomètres de leur maison neuve, où ils avaient emménagé le 23 décembre, à la campagne.

« Que du bonheur en perspective », glisse la maman de David qui vient tous les jours avec son mari soutenir leur fils accablé par le drame et le seconder dans sa mission de père, désormais seul.

Maïwen* a accouché à la maternité de Dinan à 15h11, le 4 mai. Elle était rentrée à l’hôpital la veille à 18h.

David* qui l’avait rejointe à 5h du matin raconte : « La péridurale ne fonctionnait pas, elle sentait les contractions. Il en avait été de même pour notre premier enfant, il y a cinq ans et demi. Alors, on ne s’alarmait pas. La tête de notre bébé a commencé à bloquer et cela a duré quatre heures. Le gynécologue de garde a donc décidé de procéder à une césarienne à 14h30. »

Elle avait très mal au ventre

L’opération s’est bien passée, le couple a pu se réjouir ensemble de la naissance de son petit garçon. La maman l’a allaité.

Sa grande sœur de cinq ans et demi a pu le découvrir par vidéo, ne pouvant être présente, en raison des restrictions liées au Covid-19.

« A sa 3ème visite, le médecin a constaté que quelque chose n’allait pas. Elle souffrait terriblement lorsqu’il appuyait sur son ventre. Comme s’il s’agissait de contractions. »

Une hémorragie

Vers 17h, le papa, qui tient son nouveau-né dans ses bras, voit sa compagne partir vers le bloc chirurgical. Ils vient d’apprendre que Maïwen fait une hémorragie.

« L’attente est devenue interminable. Une sage-femme m’a rassuré. Puis le gynécologue m’a appris qu’il avait dû effectuer une ablation de l’utérus mais que l’hémorragie était stoppée. Il m’a également signifié que ma compagne serait transportée vers un centre de réanimation, Saint-Brieuc, Saint-Malo ou Rennes. »

Mais à minuit, soit une heure après avoir appris que l’état de sa compagne était « stabilisé », celle-ci fait une rechute. Un anesthésiste informe David que la situation est grave. Le jeune homme « ne tient plus debout » et doit s’allonger sur un lit lorsqu’il pense entendre « qu’on a choqué la patiente » autrement dit qu’on tente de la réanimer.

Transportée par ambulance

Vers 2h30, la jeune maman sera transportée par une ambulance du Samu à Pontchaillou. « Il m’a été dit qu’elle avait reçu dix poches de sang. »

Une erreur a été commise

C’est à 5h du matin que le jeune homme apprend, par téléphone, le décès de sa compagne, survenu une heure auparavant. Il se rend à Pontchaillou avec ses parents, la mère et le frère de Maïwen.

« Nous sommes cinq à pouvoir assurer que la médecin qui l’a prise en charge nous a dit qu’elle était intransportable. Qu’avant de conclure à son décès, une heure de massage cardiaque a été prodiguée. Selon elle, quelque chose s’est passé et dans un pays comme le nôtre, cela ne devrait pas arriver. »

Le motif du décès est officiellement une CIVD, une Coagulation Intra Vasculaire Disséminée, qui intervient le plus souvent, justement, lors de complications obstétricales.

Le 16 mai dernier, David a porté plainte à la gendarmerie de Dinan pour homicide involontaire. Il précise que sa compagne avait également fait une hémorragie, lors de son premier accouchement, mais sans commune mesure avec celle du 4 mai.

Ma femme vit à travers mes enfants

Maïwen avait 35 ans. « Elle croquait la vie à pleines dents », assure sa belle-mère.

« Elle aimait le football, comme moi. Nous allions ensemble voir les matchs à Rennes, mais aussi à Amsterdam ou encore en Angleterre. Elle aimait aussi les concerts », raconte David.

Cet électricien plombier chauffagiste de 34 ans reprendra le travail probablement à la rentrée lorsque sa fille retournera à l’école et qu’il aura une nourrice pour son bébé.

Il ne veut « pas se laisser dépérir. Il va falloir avancer, pour mes enfants. Ma femme vit à travers eux ».

C’est aussi pour eux qu’il dit porter plainte car « il faudra bien, un jour, leur dire ce qu’il s’est passé. Aujourd’hui, on ne sait pas ».

En colère contre l’hôpital

Lui et ses parents n’acceptent pas la version de l’hôpital qui prétend avoir respecté tous les protocoles.

« J’ai été reçu lors d’une réunion de médiation, vendredi dernier, soit cinq semaines après le décès de ma compagne. Auparavant, je n’ai eu que des appels téléphoniques, voire des courriels. Mais on ne m’a pas reçu pour des raisons de planning. »

Sa mère confirme : 

« Une cellule psychologique a été mise en place pour les soignants qui ont vécu ce drame. Mais rien pour nous, pour David et sa fille. Mon fils, malgré son chagrin, doit effectuer des tâches administratives d’autant plus nombreuses qu’ils n’étaient ni mariés, ni pacsés. »

Donner la vie et la perdre aussitôt

Le jeune homme attend désormais de disposer des dossiers médicaux de la mère de ses enfants pour tenter de comprendre. Il ne se résigne pas :

« On ne peut pas dire que c’est la fatalité. Donner la vie et la perdre aussitôt, c’est inconcevable. Je sais bien que ce type d’accident peut encore arriver, mais il faut tous les dispositifs pour l’éviter. »

Selon lui, « si l’hôpital avait été équipé d’un service de réanimation, elle aurait peut-être pu être sauvée. De précieuses minutes auraient été gagnées. »

Pour lui, comme pour sa mère, désormais, « cette maternité doit être fermée. Pourtant, nous nous étions réjouis lorsque les accouchements avaient pu reprendre, le 1er octobre dernier, après trois mois d’interruption**. Ma compagne était employée de cet hôpital. »

Une enquête sanitaire a été confiée au directeur du service maternité du CHU de Rennes, à la demande du groupement hospitalier de Territoire, Rance Emeraude.

Suite à nos demande d’entretien, la Direction des Centres Hospitaliers de Saint-Malo, Dinan et Cancale rappelle qu’aucune conclusion ne peut aujourd’hui être soutenue.

« Tout événement grave survenu dans un établissement de santé fait l’objet d’une déclaration auprès de l’ARS. Une RMM (Revue de Morbidité et de Mortalité) sera ainsi réalisée par des experts médicaux et des experts en méthodologie indépendants. Comme il l’a été indiqué à la famille de
cette patiente, la Direction a fait le choix de cette analyse du déroulement des événements par une équipe externe, alors même qu’elle pouvait la mener en interne. Seules les conclusions de cette analyse pourront être entendues. Un accompagnement de la famille de la patiente a été mis en place. La Direction et les équipes du Centre Hospitalier de Dinan partagent la douleur de la famille de cette patiente et restent disponibles à leurs côtés.
 »

* Tous les prénoms sont fictifs pour respecter l’anonymat souhaité par cette famille.

** Interruption causée en raison d’un nombre insuffisant de médecins anesthésistes pour sécuriser les accouchements.

REVUE DE PRESSE :

via ACTU.FR : https://actu.fr/bretagne/dinan_22050/dinan-sa-compagne-est-decedee-apres-avoir-accouche-a-la-maternite-il-porte-plainte_34348526.html

FRANCE 3 BRETAGNE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/dinan-plainte-contre-x-apres-deces-maman-maternite-1843198.html

FRANCE BLEU : https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/maternite-de-dinan-une-plainte-contre-x-apres-un-tragique-accouchement-1592402304

20 MINUTES : https://www.20minutes.fr/faits_divers/2802335-20200618-bretagne-plainte-contre-x-deposee-apres-deces-maman-venait-accoucher

LE TELEGRAMME : https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/a-dinan-le-deces-d-une-maman-a-la-maternite-fait-l-objet-d-une-plainte-17-06-2020-12567595.php#:~:text=Une%20femme%20venant%20d’accoucher,hospitalier%20de%20Pontchaillou%2C%20%C3%A0%20Rennes.

Drames à Metz : deux femmes décèdent après avoir accouché dans une clinique.

Deux femmes sont décédées à quelques semaines d’intervalle, peu après avoir accouché à la clinique Claude-Bernard de Metz (Moselle). Ces décès ont été signalés aux autorités sanitaires et juridiques compétentes. Un juge d’instruction a été saisi.

La mort de deux jeunes mamans à quelques semaines d’intervalle, après avoir mis au monde leur enfant dans la même maternité, oblige forcément à se poser des questions. Elles ont déclenché des investigations pour tenter d’y répondre.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) a été saisie des cas. Très peu d’informations ont transpiré au sujet du premier décès, constaté le 17 août à Nancy, où la maman avait été transférée d’urgence.

Le procureur de la République de Metz a reçu un signalement pour le second, du 18 septembre dernier. Les services du parquet « ont lancé une enquête confiée à la police judiciaire de Metz. Un juge d’instruction a été saisi afin de déterminer les causes de la mort », prévient Christian Mercuri.

Le 18 septembre, donc, une femme de 37 ans a succombé à l’hôpital de Mercy où elle venait d’être conduite d’urgence après avoir donné naissance à un bébé prématuré à la clinique Claude-Bernard. Elle devait être héliportée à Strasbourg, mais le temps a manqué. L’ARS et le parquet ont été prévenus dans la foulée. « C’est la procédure en cas d’événement inattendu », explique sobrement le service juridique du CHR, contraint par le secret médical.

D’après certaines indiscrétions, l’état de santé général de la jeune femme à son arrivée a « stupéfié » l’équipe médicale de l’hôpital de Mercy.

Enquête médico-administrative de l’ARS

L’autopsie réalisée il y a quelques jours « n’a pas apporté de réponse, prévient le procureur. Il va falloir d’autres analyses pour en savoir plus. Raison pour laquelle nous avons ouvert une information judiciaire. »

Le compagnon de la défunte a porté plainte et a déjà été entendu par l’antenne messine de la police judiciaire.

L’Agence régionale de santé Grand Est a confirmé, hier, avoir été « informée du décès de deux femmes, qui ont été signalés aux autorités sanitaires et juridiques compétentes. Dans chaque cas, l’ARS a décidé de mettre en œuvre une enquête médico-administrative afin d’identifier les circonstances et les causes des décès et de s’assurer que les conditions de prise en charge répondaient bien à la réglementation en vigueur. Pour le second cas en particulier, une procédure judiciaire et une enquête sont lancées. Les documents et dossiers médicaux sont en cours d’analyse et ne nous permettent pas de communiquer à ce stade. »

« Nous sommes régulièrement pointés du doigt »

Le directeur de la clinique, Gabriel Giacometti, comprend « l’immense douleur des familles de ces deux patientes. Nous les avons rencontrées à plusieurs reprises. Les médecins et les équipes de la clinique sont également très choqués par ces drames. » L’établissement veut comprendre ce qui s’est passé.

« Dès la survenue de ces décès, nous avons déclaré ces événements sur la plateforme dédiée de l’ARS, conformément aux protocoles instaurés sur le plan régional, indique le directeur. En ce qui concerne le décès du 17 août, nous sommes dans l’attente des résultats de cette inspection. […] Pour celui du 18 septembre, le dossier est en cours d’instruction. Nous collaborons avec la justice. »

Au sein de l’établissement, « l’ambiance est lourde, morose », souffle un membre de l’équipe médicale. « C’est une grande souffrance pour tout le monde. Nous sommes régulièrement pointés du doigt, quelque chose ne va pas. Ces problèmes créent une pression difficile à supporter », soupire une autre source.

Des propos qui font aussi écho à l’enquête pénale en cours autour de l’organisation générale de la clinique et déclenchée après la mort du jeune Corentin Jeras, 11 ans, des suites d’une opération de l’appendicite le 1er  novembre 2014.

REVUE DE PRESSE

via LE REPUBLICAIN LORRAIN : https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-metz-ville/2019/10/04/claude-bernard-des-enquetes-apres-le-deces-de-deux-mamans

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/grand-est/metz/metz-deux-femmes-decedent-apres-avoir-accouche-dans-une-clinique-des-enquetes-ouvertes-6550240

CNEWS : https://www.cnews.fr/france/2019-10-06/metz-deux-femmes-decedent-dans-la-meme-maternite-apres-leur-accouchement-886199

ACTU.FR : https://actu.fr/grand-est/metz_57463/mamans-decedees-apres-leur-accouchement-dans-une-clinique-metz-explications-la-direction_28182043.html

VOSGES MATIN : https://www.vosgesmatin.fr/france-monde/2019/10/05/deux-mamans-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite

DNA : https://www.dna.fr/france-monde/2019/10/05/deux-mamans-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite

SUD OUEST : https://www.sudouest.fr/2019/10/05/metz-deux-femmes-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite-6658676-4696.php

NICE MATIN : https://www.nicematin.com/sante/deux-femmes-decedent-apres-leur-accouchement-dans-la-meme-maternite-a-metz-une-enquete-ouverte-419818

MAGIC MAMAN : https://www.magicmaman.com/deux-meres-decedent-apres-avoir-accouche-dans-la-meme-maternite-une-enquete-est-ouverte,3643864.asp

Sa compagne et son bébé décèdent suite à l’accouchement : un père porte plainte.

Il a porté plainte contre X pour connaître la vérité sur la mort de sa compagne et celle de leur bébé suite à l’accouchement au Pôle de santé de Villeneuve. Il cherche à comprendre la raison pour laquelle une césarienne n’a pas été pratiquée.

En décembre 2017, Sandra, la compagne de Marc est enceinte : « Une grossesse qui se déroule normalement. Elle est suivie et tout va bien. Lors du mois d’août, elle commence à avoir des contractions alors que l’accouchement est programmé pour le 3 septembre. Elle va voir la sage-femme et tout rentre, ou presque, dans l’ordre. Mais elle avait toujours mal. Le 3 septembre, jour prévu pour l’accouchement, nous nous rendons au Pôle de Santé du Villeneuvois (PSV). Sur place, Sandra explique qu’elle ressent de nombreuses douleurs. La sage-femme demande alors aux médecins d’effectuer un contrôle pour savoir si tout allait bien, un contrôle qui a été refusé. Sur le monitoring, les données étaient normales. »

Le couple, à la demande médicale rentre ensuite au domicile, « les médecins savent ce qu’ils font », et le 7 septembre « nous retournons au PSV pour un contrôle de pré-accouchement. Tout semblait normal et le rendez-vous est pris pour le samedi 8 septembre afin que la petite Giulla vienne au monde. »

Le début des complications

Installation dans la chambre, habillement en vue de l’accouchement et direction la salle de travail. « Elle est mise sous perfusion afin d’accélérer le travail et le monitoring est toujours normal. Elle se sent alors très fatiguée et souffre beaucoup. On lui rajoute un calmant afin d’atténuer les douleurs et en début d’après-midi une péridurale est pratiquée. »

Pour Marc, c’est à ce moment-là que les choses se compliquent. « Elle était de plus en plus faible et elle avait une forte fièvre, 38,9 °C. On lui injecte alors un autre produit pour faire baisser la fièvre. Le gynécologue arrive, examine Sandra, longuement et l’air soucieux. Il prépare alors des forceps pour que le bébé sorte enfin. Sandra se sentait de plus en plus fatiguée. »

Une envie de vomir de sa compagne fait que Marc d’Angelo sort quelques minutes de la chambre afin de prendre l’air. « Quand je reviens vers la salle d’accouchement, le bébé est dans les bras d’un médecin et de personnels dans une chambre d’à côté. On me dit que tout va bien. Je rentre dans la salle d’accouchement. Les sages-femmes sont à quelques mètres du lit, l’air soucieux. Je me précipite auprès de Sandra. Elle a extrêmement froid. Il y a du sang partout. »

Marc va revoir sa fille. « On me dit alors qu’elle doit être transférée sur Bordeaux. Je ne comprends pas. »

Il retourne alors au chevet de Sandra. « Ses lèvres sont bleues, elle ne me parle plus. Quand je me retourne vers le moniteur, je vois que son rythme cardiaque baisse fortement. Je préviens tout le monde. Elle continue à perdre du sang. Le gynécologue s’active à l’éponger et je pense immédiatement à une hémorragie interne. Les médecins s’activent alors, prodiguent un long massage cardiaque. Mais comme elle a perdu beaucoup de sang et que la transfusion n’est pas encore en place, cela ne sert à rien. Pourquoi n’y a-t-il pas des poches de sang immédiatement disponibles dans ce genre de cas. Ce n’est pas normal. Et je l’ai vu mourir dans mes bras. »

Le bébé décède le lendemain

Sandra est décédée. Toute la famille est présente, en larme et terriblement choquée.

« Nous avons ensuite été reçus par un médecin, mais j’étais tellement traumatisé que je n’ai pas pu comprendre tout ce que l’on me disait. Tout comme je ne comprends toujours pas qu’une césarienne n’a pas été pratiquée immédiatement. C’est normalement la procédure en cas de complication. Pour moi, il y a une faute professionnelle. »

Dès le lendemain, Marc se rend à Bordeaux, voir la petite Giulla. « Elle est en soins et je n’en apprends pas vraiment plus. J’y retourne le lundi. »

Le mardi 11 septembre, Marc d’Angelo reçoit alors un coup de fil du CHU de Bordeaux :

« On me dit alors que Giulla est décédée. Un problème dû à l’accouchement et à un manque d’oxygène. Tous ses organes vitaux étaient atteints. » Un nouveau coup de massue sur la tête du compagnon et père.

Ce même jour, il part déposer « une plainte contre X auprès du commissariat de Villeneuve, afin de connaître les circonstances exactes de la mort de ma compagne et de ma fille. »

Un dépôt de plainte confirmée par les autorités.

« Une autopsie a été pratiquée, et depuis 4 mois, j’en attends les résultats. Pourquoi un tel délai ? C’est incompréhensible. J’ai pris un avocat qui va avoir tout le dossier en main dès lundi. Il faut savoir ce qu’il s’est passé et reconnaître les responsabilités de chacun. »

REVUE DE PRESSE

Via La Dépêche : https://www.ladepeche.fr/article/2019/01/12/2939067-compagne-bebe-decedent-apres-accouchement-lot-garonnais-porte-plainte-contre.html

France 3 Nouvelle Aquitaine : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/accouchement-ete-fatal-maman-son-bebe-pere-porte-plainte-contre-x-1607889.html

L’Alsace : https://www.lalsace.fr/actualite/2019/01/14/sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement

France Soir : http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/il-porte-plainte-contre-x-mort-de-sa-femme-et-son-bebe-apres-accouchement

Le Point : https://www.lepoint.fr/faits-divers/lot-et-garonne-sa-femme-et-son-enfant-meurent-apres-l-accouchement-15-01-2019-2285840_2627.php

Ouest-France : https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/lot-et-garonne/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-il-porte-plainte-6171793

RTL : https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-7796230515

LCI : https://www.lci.fr/sante/lot-et-garonne-sa-compagne-et-son-bebe-meurent-apres-l-accouchement-il-porte-plainte-2110289.html

Actu.fr : https://actu.fr/faits-divers/villeneuve-sur-lot-lot-garonne-une-maman-fille-decedent-suite-laccouchement_20721392.html

Pourquoi Docteur ? : https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/27984-Lot-et-Garonne-depose-plainte-X-deces-femme-bebe-l-accouchement