CH de Cognac : l’hôpital condamné après le décès d’un nouveau-né.

Le tribunal administratif vient de condamner l’hôpital de Cognac à payer quelque 73 000 euros aux parents d’un bébé décédé d’asphyxie quelques minutes après sa naissance.

Les juges ont estimé que les trois sages-femmes de garde cette nuit du 21 avril 2017 avaient commis une faute en tentant de pratiquer seules l’accouchement de la parturiente alors que le bébé à naître présentait des signes inquiétants d’insuffisance cardiaque.

Si le médecin, qui a finalement pratiqué l’accouchement à l’aide de forceps, avait été prévenu 20 minutes plus tôt, l’enfant aurait pu être sauvé, a estimé la justice.

REVUE DE PRESSE

Via SUD OUEST : https://www.sudouest.fr/charente/cognac/cognac-l-hopital-condamne-apres-la-mort-d-un-nouveau-ne-1777853.php

Décès néonatal et extraction par forceps injustifiée : la Cour de cassation valide la condamnation de l’obstétricien pour homicide involontaire.

Durant un accouchement pratiqué avec recours au forceps, le bébé a subi un traumatisme crânien avec hémorragies cérébrales, entrainant son décès. Après avoir été jugé coupable d’homicide involontaire, l’obstétricien s’est pourvu en Cour de cassation, imputant le décès du bébé non pas à ses actes mais au fait que ses parents aient décidé d’arrêter la réanimation. La Cour de cassation a statué que c’est à bon droit qu’il a été jugé coupable d’homicide involontaire, dès lors qu’il a choisi une technique d’extraction qui n’était pas justifiée par la situation.

Chambre criminelle de la Cour de cassation. 23 octobre 2001. Jurisprudence n° 01-81.030.

L’utilisation maladroite de ces instruments, effectuée en méconnaissance des règles de l’art, est à l’origine directe des lésions cérébrales irréversibles ayant entrainé la mort. Il n’a pas accompli les diligences normales qui lui incombaient compte tenu de la nature de sa mission et de sa fonction, de sa compétence ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait et a causé directement le dommage.

Il résulte de l’information et notamment des deux expertises médicales réalisées par deux collèges d’experts géographiquement fort éloignés et à des dates successives, que le décès de l’enfant est dû au traumatisme crânio-encéphalique, lui-même causé par l’application des forceps dont le placement asymétrique est directement responsable de l’enfoncement de la voûte crânienne à l’origine de la fracture du crâne hémorragique.

Ils devaient relever que lors de l’accouchement, et même eu égard à la position difficile de la tête de l’enfant qui n’arrivait pas à s’engager dans le bassin de sa mère, que l’état de l’enfant et de sa mère n’était nullement inquiétant, le tracé du rythme cardiaque de l’enfant étant normal et qu’il n’y avait aucune urgence à pratiquer son extraction par utilisation de forceps, pas plus d’ailleurs qu’à pratiquer une césarienne.

Il n’y avait aucune raison, à l’heure où est arrivé à la polyclinique le docteur X, de s’alarmer et de procéder, aussi précipitamment, à une extraction forcée de l’enfant.

Il résulte des conclusions que le docteur X avait agi dans la précipitation, en choisissant une technique d’extraction qui n’était pas justifiée pas plus qu’une autre d’ailleurs. Les experts médecins ont également relevé que l’utilisation des forceps, outre qu’elle ne s’imposait pas à ce stade de l’accouchement, n’a pas été effectuée dans les règles de l’art.

Ils ont été mal posés, contraignant ainsi le médecin accoucheur à les repositionner et surtout à procéder à des efforts de traction fœtale violents et répétés, contraignant le praticien à s’arc-bouter en prenant appui avec un de ses pieds posés sur la table de travail, ce que d’ailleurs le docteur X a reconnu.

Ils estiment que ces efforts de traction fœtale sont à l’origine directe du traumatisme crânio-encéphalique avec céphalhématome pariétal gauche ayant entraîné le décès de l’enfant.

Au regard de ces éléments aussi précis qu’objectifs la Cour estime devoir retenir le docteur X dans les liens de la prévention. En effet ce dernier ne saurait persister à prétendre avoir agi dans les règles de l’art médical dès lors qu’il est médicalement établi et constaté autant que confirmé par les deux expertises qu’il n’y avait aucune urgence particulière à intervenir aussi précipitamment et en opérant par la pose des forceps, instruments dont l’utilisation n’était pas, à cette période de l’accouchement, nécessaire.

Par ailleurs, l’utilisation même de ces instruments a été maladroite, longue, violente et traumatisante, le crâne de l’enfant ayant été grièvement et irrémédiablement blessé par ces efforts de traction répétés, seule et unique cause de son décès, quelques jours plus tard, malgré des soins intensifs.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 10 juillet 2000, modifiant l’article 121-3 du Code pénal, et applicable aux instances en cours, « les personnes physiques qui n’ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n’ont pas pris les mesures permettant de l’éviter, sont responsables pénalement s’il est établi qu’elles ont soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’elles ne pouvaient ignorer« .

En l’espèce, pour déclarer le demandeur coupable d’homicide involontaire sur la personne du jeune Tristan Y, la cour d’appel, réformant le jugement de relaxe, a estimé que le décès de l’enfant était dû au traumatisme crânio-encéphalique, lui-même causé par l’application des forceps dont le placement asymétrique était directement responsable de l’enfoncement de la voûte crânienne à l’origine de la fracture du crâne hémorragique, et que le comportement du médecin constitue la seule et unique cause du décès de l’enfant quelques jours après l’accouchement, malgré des soins intensifs.

En statuant ainsi, sans répondre aux conclusions d’appel du demandeur qui faisait valoir, conformément aux constatations des experts, que si l’enfant était, à la naissance atteint d’un traumatisme crânio-encéphalique, le décès, survenu 13 jours après la naissance, était dû, en définitive, à la décision prise par ses parents et les médecins de l’hôpital de Lyon, compte tenu des séquelles neuro-psychomotrices, de mettre un terme au processus de réanimation, décision qui n’était nullement imputable au docteur X, la cour d’appel a violé l’article 593 du Code de procédure pénale.

Attendu qu’il résulte de l’arrêt attaqué qu’à la suite de son accouchement, qui a été pratiqué avec l’aide de forceps par le docteur X, Madame Y a donné naissance à un enfant dont l’état de santé n’a pas paru inquiétant, mais qui a vomi du sang après la prise de son premier biberon. L’examen du nouveau-né, aussitôt effectué dans des services spécialisés en milieu hospitalier, a révélé qu’il était atteint d’une fracture de la voûte du crâne avec enfoncement. Le traumatisme crânio-encéphalique qui en est résulté a entraîné une hémorragie intracérébrale et intraventriculaire suivie de complications qui, dans les jours suivants, ont entraîné son décès.

Attendu que pour déclarer le docteur X coupable d’homicide involontaire les juges retiennent qu’il a agi précipitamment en choisissant une technique d’extraction qui n’était pas justifiée par la situation et que la mauvaise position des forceps a contraint le médecin accoucheur à les repositionner et surtout à procéder à des efforts de traction fœtale violents et répétés. Ils ajoutent que l’utilisation maladroite de ces instruments, effectuée en méconnaissance des règles de l’art, est à l’origine directe des lésions cérébrales irréversibles ayant entraîné la mort. Ils en déduisent que les fautes commises par le prévenu sont la seule et unique cause du décès de l’enfant survenu quelques jours plus tard malgré des soins intensifs.

Attendu qu’en l’état de ces énonciations, d’où il résulte que le docteur X n’a pas accompli les diligences normales qui lui incombaient compte tenu de la nature de sa mission et de sa fonction, de sa compétence ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait, la cour d’appel, qui a répondu aux conclusions, a constaté que le prévenu a causé directement le dommage et a ainsi justifié sa décision au regard des articles 121-3 et 221-6 du Code pénal, tant dans leur rédaction antérieure à la loi du 10 juillet 2000 que dans leur rédaction issue de cette loi.

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Compression crânienne durant l’accouchement : plus de 11 millions d’indemnisation pour un enfant lésé cérébral.

Il a été reconnu par la justice américaine la responsabilité de l’accouchement dans la survenue de lésions cérébrales à un bébé, lui causant un handicap majeur. Le mécanisme de compression crânienne couplé à une succession de complications ont provoqué une encéphalopathie ischémique au nouveau-né.

Détails de l’affaire et vidéos-reconstitutions du mécanisme d’encéphalopathie ischémique par compression crânienne (EICC) après une deuxième phase de travail prolongée. Affaire défendue en 2018 par Maitres Michael Becker & David Skall, du cabinet Becker Law Firm. Animations réalisées par le cabinet d’ingénierie médico-légale HIGH IMPACT.

La décision d’un médecin de ne pas pratiquer de césarienne – et son incapacité à informer sa patiente des dangers de poursuivre un accouchement par voie basse – a entraîné une deuxième étape du travail extrêmement prolongée car les compressions incessantes ont causé un vaste traumatisme à la la tête du bébé.

Comme le médecin a forcé l’accouchement vaginal pendant plus de quatre heures, se terminant par un forceps et une ventouse, la pression artérielle fœtale n’a pas pu surmonter l’augmentation de la pression intracrânienne, et le manque prolongé de flux sanguin vers le cerveau a entraîné des lésions cérébrales permanentes.

Ce mécanisme complexe de blessure est appelé encéphalopathie ischémique par compression crânienne (EICC), également connue sous le nom d’encéphalopathie ischémique traumatique. C’est une question très débattue au sein des communautés médicale et juridique, et les avocats Michael Becker et David Skall avaient besoin que les jurés du procès comprennent comment cela a causé les lésions cérébrales irréversibles au bébé de leur client.

Cette animation montre comment l’encéphalopathie ischémique par compression crânienne provoque des lésions cérébrales.

« La Défense a soutenu que les seules lésions cérébrales reconnues liées à la naissance impliquaient une perturbation du flux sanguin du placenta ou du cordon ombilical. Nous devions montrer comment un traumatisme localisé et une compression de la tête fœtale pendant le travail et l’accouchement peuvent compromettre dangereusement le flux sanguin vers le cerveau sans compromettre directement le flux à travers le placenta ou le cordon ombilical. Les animations nous ont aidés à démontrer ce mécanisme de blessure d’une manière qui était facile à comprendre pour les jurés. » selon David Skall

Le bébé est né avec un score d’Apgar bas. Sa fréquence cardiaque, sa respiration et sa couleur de peau étaient altérés. Le crâne montrait un gonflement considérable sur le cuir chevelu car il s’est heurté contre le bassin maternel. Le bébé a été diagnostiqué à plusieurs reprises comme souffrant d’une encéphalopathie ischémique hypoxique (EIH) à la suite d’un accouchement difficile. Cependant le défendeur a choisi de minimiser le gonflement du cuir chevelu du bébé (connu sous le nom de Caput Succedaneum ou bosse séro-sanguine). Le bébé est resté à l’hôpital pendant 11 jours avant de sortir avec une invalidité à vie.

15 mois plus tard, un scanner a montré une atteinte cérébrale et des lésions tissulaires des deux côtés du cerveau du bébé. Ce type de blessure est connu pour se produire lorsque le cerveau reçoit une quantité insuffisante d’oxygène et de sang pendant une période prolongée. Cependant, ce n’est qu’à l’âge de huit ans qu’une IRM a de nouveau confirmé l’atteinte cérébrale et les lésions tissulaires, qui n’auraient logiquement pu survenir qu’à la naissance.

La défense du médecin a soutenu que ce mécanisme de lésion était théorique, affirmant que la pression localisée sur le cerveau est incapable de produire de telles lésions cérébrales. Ils sont allés jusqu’à demander à la Cour d’interdire toute preuve ou témoignage concernant les encéphalopathies ischémiques par compression crânienne (EICC). La défense a affirmé que le seul mécanisme recevable de blessure pour ce type de dommage était l’asphyxie systémique causée par une perturbation du placenta – malgré un manque complet de preuves à l’appui de la théorie de la défense en ce qu’aucun autre organe n’a subi de dommages et que le sang du bébé n’était pas très acide à la naissance.

La preuve des demandeurs a finalement été admise, la Cour déclarant que l’exigence de fiabilité d’admettre un témoignage d’expert scientifique « ne devrait pas être utilisée pour exclure toute preuve par rapport à sa fiabilité, et un tribunal ne devrait pas non plus exclure une telle preuve simplement parce qu’elle n’est pas reconnue. »

Une fois le témoignage de leur expert recevable, les avocats des parents de l’enfant avaient besoin de visuels pour les aider à expliquer précisément les problèmes les plus complexes concernant les encéphalopathies ischémiques par compression crânienne (EICC) afin qu’ils puissent se concentrer sur la transmission de comment et pourquoi la décision du médecin de prolonger et de forcer l’accouchement par voie basse contribuait directement à la cause des lésions cérébrales de l’enfant. Le cabinet HIGH IMPACT a crée deux animations :

Pièce A

Lorsque l’objectif de la défense est de confondre et compliquer la théorie de sa responsabilité, l’animation est le moyen le plus percutant de simplifier et de clarifier les interrogations complexes du jury. Cette première animation montre le mécanisme de l’encéphalopathie ischémique par compression crânienne (EICC) et comment elle occasionne des lésions cérébrales au bébé.

La scène s’ouvre avec le bébé à la station +2 et montre comment les contractions de la mère écrasent sans relâche la tête fragile du bébé, empêchant le flux sanguin d’atteindre le cerveau. La diminution prolongée du flux sanguin (ischémie) provoque des lésions cérébrales sans endommager d’autres organes. L’animation se termine ensuite par une liste de facteurs de risque et de signes de détresse qui ont été négligés.

Pièce B

Une fois qu’il a été établi comment ce mécanisme de blessure provoque des lésions cérébrales, l’animation suivante établit comment le médecin a prolongé cette situation dangereuse pendant des heures sans considérer les signes évidents de détresse.

Il a été demandé à la mère de pousser pendant quatre heures d’affilées avec peu ou pas de progrès avant que le médecin ne décide d’utiliser une ventouse, puis un forceps pour forcer le bébé à travers le canal de naissance. L’animation montre comment le crâne du bébé a commencé à se déformer et à gonfler alors que sa tête était bloquée contre le bassin de sa mère durant des heures. L’animation se termine ensuite par deux angles de caméra montrant comment la tête du bébé était anormalement mal positionnée et comment cette position a exercé une pression directe sur le lobe occipital.

SOURCES

Traduit de l’américain depuis l’article original rédigé par le cabinet HIGH IMPACT : https://highimpact.com/case-studies/11.35m-verdict-animating-malpractice-after-prolonged-2nd-stage-of-labor

La page du site du cabinet d’avocats Becker Law Firm consacrée à la compression crânienne : https://www.beckerjustice.com/birth-injury/cranial-compression/

« On nous a volé la naissance de notre fils » : un couple porte plainte contre l’hôpital de Guéret, un médecin et une sage-femme.

Un couple porte plainte contre un obstétricien contractuel, une sage-femme ainsi que le centre hospitalier de Guéret, dénonçant des violences obstétricales et des manquements graves ayant mis en danger la vie de leur bébé et de la maman le 5 décembre 2019.

« On nous a volé la naissance et l’enfance de notre fils. »

C’était il y a six mois, mais Marine revit encore dans sa chair, en en parlant, chaque seconde des quatre jours qu’elle a passés à la maternité de Guéret, dans la Creuse. Et les quinze jours qui ont suivi, passés au chevet de son bébé, en réanimation néonatale à l’hôpital mère-enfant de Limoges où il a dû être transféré. 

« On a vu notre fils 14 heures après sa naissance. Il était dans le coma quand on lui a fait sa première toilette. On a pu le prendre dans nos bras que trois jours après sa naissance. On l’a entendu crier seulement cinq jours après. »

A sa naissance, le bébé du couple souffre d’une encéphalopathie anoxo-ischémique néonatale, une complication sévère de l’asphyxie périnatale. En d’autres termes, le bébé a manqué d’oxygène pendant une période conséquente durant le travail. Ainsi que d’une bosse sérosanguine, un hématome entre la peau et les os du crâne « de la taille d’un melon », se rappelle les parents. Deux conséquences de « l’acharnement du médecin », dénoncent-ils, en racontant en détail le déroulé d’une prise en charge où ils ont observé de nombreux « manquements graves » et « incompétences ».

Des manquements successifs et un  acharnement de la part de l’obstétricien

Une radio du bassin refusée plusieurs fois alors que la maman craint qu’il ne « passe pas » par voie basse, une péridurale qui ne fonctionne pas parce que le dosage était dix fois inférieur au protocole, un bolus d’anesthésique surnuméraire sans autorisation de l’anesthésiste, des remarques désobligeantes quant au fait qu’« elle ne sait pas pousser » alors que le bébé n’est pas engagé au moment des premières poussées, l’utilisation de la ventouse sur l’hématome de son bébé, « au moins dix fois », « jusqu’à lui en faire arrêter le cœur » et faire rompre le matériel, puis celle d’un forceps alors que le bébé n’est toujours pas engagé.

Le médecin s’enquiert de savoir si les capteurs marchent lorsque le monitoring du bébé ne montre plus d’activité. « Il a continué sans se demander si ce n’était pas le cœur de mon fils qui avait cessé de battre. ».

Marine se souvient alors duCe serait dommage de finir par une césarienne madame du médecin « alors que mon fils est en train de mourir ».

Elle demande que la césarienne soit bien sûr pratiquée si elle doit l’être. « Avant qu’on me déclenche, le médecin m’avait demandé de manière désinvolte si je voulais une césarienne. Je lui avais répondu que non, dans la mesure du possible. Pour un premier enfant, on ne pense pas tout de suite à la césarienne », confie la jeune femme.

Et comme elle avait été rassurée par le fait qu’une radio du bassin ne semblait pas nécessaire, elle s’en est remise aux décisions médicales.

Leur fils entre la vie et la mort

Un code rouge est finalement déclenché mais la jeune femme ne sera admise au bloc que 30 minutes plus tard.

Entre-temps, le médecin « s’acharne encore avec la ventouse ». Pour finir par glisser à la sage-femme « que de toute façon, il ne serait jamais passé »

Il y a aussi ce compte rendu médical incomplet où ne sont pas archivés « les gaz du sang qui permettent de montrer que notre fils a manqué d’oxygène » ou le monitoring du bébé.

Et ce déni du médecin qui, réuni le lendemain matin avec le chef de service et l’obstétricien qui a suivi la grossesse de Marine, dit au père que la veille, il avait « proposé une césarienne de confort » à sa femme, et elle n’« en a pas voulu ».

Le papa n’apercevra son fils que 45 minutes après sa naissance.

« On nous a dit de ne pas nous inquiéter, qu’il avait avalé du liquide amniotique, qu’ils l’avaient désencombré. »

En réalité, leur bébé, qui est né en état de mort apparente, a fait un arrêt cardiaque à une minute de vie et a dû être réanimé, ce qu’ils n’apprendront une semaine plus tard. Trois heures après sa naissance, l’enfant est transporté en réanimation néonatale à Limoges où ses parents le rejoignent le lendemain matin.

« Quand on l’a vu, notre vie s’est arrêtée. Il était complètement sédaté à cause de la douleur causée par l’hématome, intubé et plongé en hypothermie à 33 °C pendant 72 heures pour préserver son cerveau. »

Sur place, l’équipe médicale confirme aux parents « que ce qui c’était passé était très grave » et que leur enfant est entre la vie et la mort. Et que s’il survit, il pourrait conserver de graves séquelles. 

Lors d’une entrevue avec le père, au matin du transfert de sa femme, l’obstétricien qui a procédé à l’accouchement a remis en doute le diagnostic des pédiatres de Limoges. « Il était étonné du transfert, pour lui tout allait bien, notre bébé avait juste avalé du liquide amniotique ».

Aujourd’hui, le petit garçon va bien mais peut encore développer des séquelles. Jusqu’à ses six ans, il devra faire l’objet d’un suivi très rigoureux et devra subir de nombreux examens et ses parents, vivre encore dans l’angoisse.

Avec son compagnon, Marine a décidé de porter plainte contre l’obstétricien contractuel et la sage-femme qui l’ont prise en charge lors de son accouchement mais également contre le centre hospitalier de Guéret.

« On porte plainte contre le médecin pour l’acharnement qu’il a eu à faire naître mon fils par voie basse et pour ne pas avoir mis en œuvre les moyens nécessaires pour le sauver. Contre la sage-femme pour non-assistance à personne à danger parce qu’elle n’a pas réagi et contre l’hôpital pour les nombreux manquements qu’il y a eus lors de notre prise en charge »

D’autant qu’un autre couple creusois a vécu le même scénario de « violences obstétricales » à peine douze heures avant Marine et entre les mains du même médecin. Médecin contractuel qui a exercé pendant deux ans et demi au CH de Guéret, avant que le directeur, Frédéric Artigaut ne mette un terme à son contrat une semaine plus tard suite à ces deux témoignages.

« Son départ est consécutif de la tension que ça a créée au sein de l’équipe obstétricale », explique-t-il, soulignant également avoir saisi l’ARS pour faire deux déclarations « d’événements indésirables graves liés aux soins . « C’est une démarche de transparence que l’on doit à nos usagers. L’ARS conduit une instruction professionnelle et technique pour pouvoir imputer ou non une responsabilité au médecin en question ou au centre hospitalier. Aujourd’hui, poursuit le directeur de l’hôpital, je ne peux pas rejeter sur ce médecin seul les difficultés qui ont été rencontrées. J’attends le résultat de l’enquête et si le centre hospitalier avait des responsabilités, j’ai dit aux parents qu’il ne se déroberait pas. »

Marine a rejoint un collectif de mères victimes de mauvaises pratiques obstétricales, l’ATIDE (Accouchement Traumatique, Invalidité et Décès de l’Enfant) qui cherche à sensibiliser les pouvoirs publics sur ces violences, « qui rentrent dans le cadre des violences faites aux femmes », insiste le papa. « On veut faire valoir les droits de notre enfant et faire ressortir combien, en France, ces violences obstétricales sur les mères et leurs enfants ne sont pas pris en considération. » 

REVUE DE PRESSE :

Via LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/on-nous-a-vole-la-naissance-de-notre-fils-un-couple-porte-plainte-contre-l-hopital-de-gueret-un-medecin-et-une-sage-femme_13800505/

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/un-second-couple-de-creuse-porte-plainte-pour-violences-obstetricales-contre-l-hopital-de-gueret-et-le-medecin_13801670/

FRANCE 3 NOUVELLE-AQUITAINE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/creuse/gueret/deux-familles-portent-plainte-contre-hopital-gueret-medecin-qui-fait-naitre-leur-bebe-1846280.html

OUEST-FRANCE : https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/gueret-23000/creuse-complications-et-sequelles-apres-l-accouchement-deux-familles-portent-plainte-contre-l-6884120

LA MONTAGNE : https://www.lamontagne.fr/limoges-87000/actualites/une-femme-decede-lors-d-un-accouchement-a-gueret-le-tribunal-administratif-de-limoges-blanchit-l-hopital_13686658/

Acharnement obstétrical au forceps alors qu’une césarienne était programmée : une jeune mère en réanimation.

L’obstétricien qui suivait la jeune maman avait programmé une césarienne car son bébé était trop gros pour un accouchement par voie basse. Mais 2 semaines avant la date prévue, elle a ressenti des contractions et l’obstétricien de garde lui a imposé un accouchement par voie basse, avec forceps avant de finalement procéder à une césarienne d’urgence.

La jeune femme a été victime d’une grave hémorragie et a été transférée en réanimation où elle a dû être transfusée de 4 poches de sang et plasma.

« J’ai expliqué mon cas à l’obstétricien de garde ce jour là mais il n’a rien voulu entendre. Il voulait absolument me faire accoucher par voie naturelle », se remémore Julie. 

Après 12 heures sous péridurale et toujours pas de bébé, le gynécologue obstétricien décide d’utiliser les forceps.

« Il s’est acharné pendant 30 minutes j’étais à bout de force », raconte la jeune femme émue. 

Finalement, elle est envoyée au bloc pour y réaliser une césarienne en urgence. Mais arrivée en salle d’opération, la future maman fait un choc hémorragique et perd plusieurs litres de sang.

Elle est transfusée de 4 poches de sang et plasma et passe sa première nuit de jeune mère en réanimation.

« Il y a eu un véritable moment de panique. Mon pronostic vital était engagé, le réanimateur l’a dit à ses équipes. »

Très vite, alors qu’elle séjourne encore à la clinique, elle souhaite obtenir des explications.

« L’obstétricien qui m’a accouché m’a expliqué qu’avec le champs opératoire installé pour réaliser la césarienne, il n’a pu vu que je faisais une hémorragie par le bas », se rappelle Julie furieuse. 

Un dossier médical signé par des médecins qui ne l’auraient pas auscultée

A sa sortie de la clinique, la jeune maman va relancer l’établissement pour tenter d’obtenir plus de justifications. Pour seule réponse, elle reçoit son dossier médical qui ne l’éclaire pas d’avantage.

« Le pire c’est que ce dossier a été signé par des médecins qui ne m’ont jamais auscultée ». 

Au moins deux autres drames survenus dans cette même clinique

Infirmière à Montauban, elle connaît beaucoup de professionnels de santé dans cette ville et s’est renseignée sur un autre accouchement traumatique survenu plus récemment dans cette même clinique, mais ayant cette fois-ci abouti au décès de la maman

« Le gynécologue obstétricien qui l’a accouchée est le même que celui qui m’a pris en charge pour la naissance de ma fille. Il faut arrêter le massacre », se désole t-elle. 

D’après la jeune femme, le médecin en question serait un des actionnaires de la clinique est donc « intouchable ».

En 2017, l’établissement du groupe Elsan avait déjà fait face à une enquête judiciaire suite à la mort d’un bébé au sein de la clinique.

TÉMOIGNAGE VIDÉO

REVUE DE PRESSE

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/temoignage-moi-j-ai-failli-mourir-accouchant-clinique-montauban-1643788.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/enquete-preliminaire-ouverte-apres-deces-jeune-femme-venant-accoucher-montauban-1643030.html

FRANCE 3 OCCITANIE : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/montauban-enquete-apres-mort-bebe-decede-clinique-progresse-1219665.html