Une maman dijonnaise attend des réponses de la part du CHU, après avoir accouché d’un petit garçon handicapé. Une situation qu’elle attribue à des erreurs médicales répétées de la part de l’hôpital universitaire. Un rapport d’experts indépendants va également dans ce sens.

C’est un récit poignant, touchant, mais plein de dignité. Celui d’Andréa Richard et de son compagnon, installés à Dijon, en Côte-d’Or. Depuis trois ans, ils se battent pour faire reconnaître les erreurs médicales des équipes du CHU de Dijon, qui ont conduit à la naissance de leur fils handicapé, Samuel.

Accouchement cauchemardesque

Pourtant suivie de près depuis le début de sa grossesse pour un problème de diabète de type 1, potentiellement dangereux pour le fœtus, Andréa accouche le 29 juillet 2019 en urgence, dans des conditions cauchemardesques. Une césarienne doit être pratiquée et dès le départ, on lui annonce que Samuel souffre de lésions cérébrales profondes. On lui demande même si elle souhaite poursuivre les soins, car le pronostic vital du bébé est engagé.

Samuel sortira finalement de l’hôpital deux mois plus tard. C’est aujourd’hui un petit garçon « plein de vie », un « guerrier » comme le dit sa maman. Mais il est sourd profond et doit se battre pour rattraper d’importants retards moteurs.

Un rapport d’experts met en évidence des erreurs médicales

Aujourd’hui, la jeune femme l’affirme sans détour : cette situation, « ce n’est pas la faute à pas de chance, les médecins ont eu plusieurs fois l’occasion de sauver mon fils et ils ne l’ont pas fait. » Une opinion forgée à la lumière d’un rapport d’experts indépendants, obtenu après avoir saisi la CCI, la Commission de Conciliation et d’Indemnisation, réalisé en mai 2021, après audition des équipes du CHU.

Ce document, long de 40 pages, est sans équivoque. Il recense plusieurs dizaines d’anomalies, d’erreurs d’analyses ou de pratiques, notamment sur des résultats d’examens qui auraient dû alerter les équipes médicales. « L’expertise révèle une responsabilité à 100% du CHU, il y a eu de gros manquements », poursuit Andréa Richard.

Pourtant, face à cette expertise transmise début 2022 à son avocat, le CHU répond par le silence. Et « ce silence me met dans une colère excessive », s’agace la maman de Samuel. « Je ne comprends pas qu’on puisse laisser un dossier comme celui-ci qui est limpide, qui écrit noir sur blanc que le CHU a une responsabilité à 100% ! Comment peuvent-ils nous laisser dans le silence, depuis déjà plusieurs mois ? Je suis passée par toutes les émotions : beaucoup de tristesse, beaucoup de culpabilité au départ et, aujourd’hui, beaucoup de colère. »

Obtenir gain de cause, pour Samuel, et pour les autres familles

Une énergie qu’elle et son compagnon aimeraient mieux mettre au profit exclusif de leur fils. Mais pas avant d’avoir été entendus. Pour eux, pour Samuel et pour que leur histoire n’arrive pas à d’autres : « Je prends la parole aussi pour d’autres familles, parce qu’on n’est pas des cas isolés. En tout cas, s’ils appliquent le même protocole sur d’autres grossesses, il faut vraiment que ça change. »

Un combat également financier, car une bonne partie des soins de Samuel sont aujourd’hui à la charge du couple : « On est tous les jours confrontés à des frais multiples. Mon fils a été opéré au mois de mars, d’un implant cochléaire. Heureusement la sécurité sociale, la mutuelle et la MDPH nous aident aussi, mais il y a les divers déplacements à Lyon pour ses opérations, pour le suivi de son handicap, ce sont des frais qui nous sont imputés. Plus tous les frais depuis sa naissance, sur des aménagements, etc. »

Contacté par France Bleu Bourgogne, le CHU de Dijon n’a pas souhaité répondre, mais précise dans un communiqué de la direction générale, avoir « confié le suivi de ce dossier à son conseil et son assureur. Sans alerte, nous n’avions pas connaissance de l’absence de réponse vis-à-vis de cette famille. Nous en sommes naturellement désolés et mettons tout en œuvre pour une information dans les meilleurs délais à leur intention. Nous nous engageons à nous assurer qu’une réponse soit apportée et invitons la famille à se rapprocher du service juridique du CHU pour un contact direct sur cette situation. »

Source : France Bleu Bourgogne.

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