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Près de trois ans après le décès de son bébé, une mère a obtenu la douloureuse confirmation par le biais d’une enquête indépendante que son décès a été directement provoqué par une série de négligences. Un drame qui aurait pu être évité.

Le Mirror explique ainsi qu’après une grossesse jusque là sans complication, Rachel Higgs a été prise de douleurs et de vomissements le 1er septembre 2019 et s’est immédiatement rendue à la maternité de l’hôpital Queen Elizabeth the Queen Mother, à Margate, où il était prévu qu’elle donne naissance à son premier enfant. Les soignants l’ont alors renvoyé chez elle, en arguant qu’elle n’était pas encore en phase de travail.

Cinq heures de travail et de graves complications

Quelques heures plus tard, cependant, alors que l’accouchement semblait de plus en plus imminent, Rachel Higgs et son conjoint sont retournés à l’hôpital, qui les a à nouveau refusés, expliquant cette fois qu’il n’y avait pas de lit disponible, et leur a conseillé de se rendre dans une autre maternité, située à une soixantaine de kilomètres de là.

Plutôt que d’opter pour cette solution peu appropriée à la situation, le couple a alors choisi l’accouchement à domicile, avec l’aide de sages-femmes de la communauté locale, dépêchées par l’hôpital et en contact permanent avec ce dernier. La mise au monde allait cependant s’avérer particulièrement compliquée, avec cinq heures de travail et de graves complications. Dans un état critique, la mère et son enfant à naître furent ensuite transportés en urgence à l’hôpital alors que l’accouchement était toujours en cours.

Le bébé décédé 27 minutes après sa naissance

Finalement né dans l’ambulance, le petit Archie est décédé 27 minutes après sa venue au monde. La conclusion tragique d’une série de négligences de la part des professionnels. Une enquête indépendante a en effet été menée après que le couple a porté l’affaire en justice, qui a mis en évidence des défaillances à tous les niveaux, de l’hôpital aux sages femmes envoyées pratiquer l’accouchement.

« Il y a eu de multiples occasions manquées de prodiguer des soins à Rachel et, par conséquent, à Archie, qui étaient évidentes et qui non seulement auraient fait une différence mais auraient empêché la mort d’Archie, résume la médecin légiste Sonia Hayes, qui a dirigé cette enquête. Les défaillances se sont traduites par des manquements flagrants à l’obligation de fournir un traitement médical de base. Il y a eu un certain nombre d’occasions manquées d’éviter le travail prolongé. »

« Rien ne pourra nous le ramener »

« Il nous semble incroyable qu’autant d’erreurs de base aient été commises par autant de personnes, ont réagi Rachel et son conjoint. Archie aurait eu deux ans et demi à l’heure qu’il est. Nous pensons à lui tous les jours et il nous manquera toujours. Rien ne pourra nous le ramener, nous ne pouvons qu’espérer que de véritables leçons seront tirées de cette affaire et que des changements durables seront apportés pour que d’autres familles ne subissent pas de telles tragédies à l’avenir« .

De son côté, l’hôpital a présenté des excuses officielles au couple et affirme avoir fait en sorte qu’un tel drame ne puisse pas se reproduire. « Nous acceptons pleinement les constatations et la conclusion de l’enquête et nous sommes profondément désolés pour les défaillances dans les soins fournis à Archie et à sa famille en septembre 2019, a déclaré Tracey Fletcher, directrice des hôpitaux de l’East Kent. Nous avons apporté – et continuons à apporter – des changements et des améliorations à la qualité et à la sécurité de notre service de maternité.«